Près de vingt ans après son départ du continent africain, le Rallye Dakar pourrait renouer avec les paysages qui ont forgé sa légende. Selon des informations de la presse française, les organisateurs envisageraient une édition 2027 reliant le sud de l’Europe au Maroc, où se déroulerait l’essentiel des étapes. Un changement de cap majeur pour l’une des compétitions automobiles les plus emblématiques au monde, après plusieurs années passées en Arabie saoudite.
Le Rallye Dakar pourrait s’apprêter à écrire un nouveau chapitre de son histoire, avec le Maroc au cœur d’un retour très attendu sur le continent africain. Après avoir traversé l’Amérique du Sud pendant onze éditions, entre 2009 et 2019, puis s’être installé en Arabie saoudite à partir de 2020, le célèbre rallye-raid envisagerait de retrouver ses terres d’origine dès janvier 2027. Le Royaume serait appelé à accueillir la majeure partie de la compétition, dans le cadre d’un itinéraire qui débuterait dans le sud de l’Europe.
L’hypothèse a été révélée mardi 20 octobre par le quotidien français Ouest-France, qui rapporte qu’Amaury Sport Organisation (ASO), l’organisateur du Dakar, aurait déjà informé les équipes de ce changement de destination. Si ces informations se confirment, il s’agirait d’un tournant important pour une épreuve dont l’identité reste profondément liée aux grandes traversées africaines, aux pistes désertiques et aux défis de navigation qui ont construit sa renommée internationale.
Un départ d’Espagne ou du Portugal, avant les pistes marocaines
Selon le scénario évoqué, le Dakar 2027 prendrait son départ en Espagne ou au Portugal, même si la ville retenue n’aurait pas encore été arrêtée. Le prologue pourrait se dérouler le 9 janvier, avant que les concurrents ne rejoignent le Maroc pour l’essentiel du parcours. La compétition se poursuivrait jusqu’au 22 janvier, selon un calendrier encore susceptible d’évoluer.
Le tracé envisagé comprendrait environ 4 300 kilomètres d’épreuves chronométrées, une distance comparable à celle des dernières éditions organisées en Arabie saoudite. Ce format permettrait de conserver l’exigence sportive qui caractérise le Dakar, tout en retrouvant un environnement géographique et historique différent.
Aucun itinéraire détaillé n’a toutefois été officiellement présenté dans les informations disponibles. Les villes étapes, les régions traversées et les modalités logistiques du passage entre l’Europe et le Maroc restent donc à préciser. Le choix définitif du parcours dépendrait notamment des impératifs de sécurité, des autorisations administratives et des conditions d’organisation de l’épreuve.
Le Maroc, une terre familière du rallye-raid
L’éventualité d’un Dakar majoritairement marocain ne doit rien au hasard. Le Royaume dispose d’une longue tradition dans les sports mécaniques tout-terrain, grâce à la diversité de ses paysages, à ses vastes espaces désertiques et à l’expérience acquise dans l’organisation de compétitions internationales.
Des pistes rocailleuses aux étendues sablonneuses du Sud, le territoire marocain offre des terrains particulièrement adaptés aux exigences du rallye-raid. La navigation, l’endurance mécanique et la capacité des équipages à s’adapter à des conditions changeantes y occupent une place centrale, autant de caractéristiques qui correspondent à l’esprit historique du Dakar.
Le Rallye du Maroc constitue déjà un rendez-vous reconnu dans le calendrier international de la discipline. Il attire régulièrement des équipes et des pilotes engagés au plus haut niveau, confirmant la place du Royaume parmi les destinations de référence pour la préparation et la compétition tout-terrain.
Accueillir la majeure partie du Dakar représenterait néanmoins un changement d’échelle. L’événement mobilise des centaines de concurrents, des équipes techniques, des véhicules d’assistance, des médias et d’importants moyens logistiques. Son organisation nécessiterait donc une coordination étroite entre les organisateurs, les autorités et les acteurs locaux.
Pourquoi le Dakar envisagerait-il de quitter l’Arabie saoudite ?
La situation sécuritaire au Moyen-Orient serait l’un des principaux facteurs à l’origine de cette éventuelle réorientation, selon les informations rapportées par Ouest-France. Les tensions régionales et les incertitudes qu’elles entraînent pourraient conduire les organisateurs à privilégier un environnement différent pour l’édition 2027.
Cette explication demeure cependant à confirmer officiellement. En l’absence d’une communication détaillée d’ASO sur les raisons d’un éventuel changement de pays hôte, il serait prématuré d’en attribuer la décision à un seul facteur.
Le Dakar a déjà connu plusieurs grandes transformations géographiques. Né à la fin des années 1970 autour d’un itinéraire reliant l’Europe à l’Afrique, il a longtemps été associé aux traversées sahariennes avant de quitter le continent après l’annulation de l’édition 2008 pour des raisons de sécurité. Son installation en Amérique du Sud, puis en Arabie saoudite, a profondément modifié ses paysages sans faire disparaître son identité de rallye d’endurance et d’aventure.
Un retour en Afrique constituerait donc bien davantage qu’un simple changement de décor : il renouerait avec une partie fondatrice de l’histoire de la compétition, tout en l’inscrivant dans les contraintes sportives et organisationnelles contemporaines.
Une vitrine internationale pour le Maroc
Si le projet se concrétise, l’accueil du Dakar pourrait offrir au Maroc une visibilité internationale importante. L’épreuve bénéficie d’une couverture médiatique mondiale et mobilise un public passionné de sports mécaniques, de voyages et d’aventure.
Les retombées potentielles concerneraient notamment l’hébergement, la restauration, le transport, les prestations techniques et les services liés à l’événement. Les régions traversées pourraient bénéficier d’une exposition touristique accrue, en particulier les territoires du Sud, dont les paysages constituent un atout majeur pour les compétitions tout-terrain.
Ces perspectives devraient toutefois être appréciées à la lumière du parcours définitif, des dépenses engagées et des conditions d’accueil. L’organisation d’un rallye de cette ampleur soulève également des enjeux environnementaux, liés notamment à la protection des espaces naturels, à la gestion des déchets et à la préservation des milieux traversés.
L’enjeu pour le Royaume serait donc de conjuguer les bénéfices sportifs et économiques de l’événement avec les exigences de sécurité, de durabilité et de respect des territoires concernés.
Un retour symbolique, encore suspendu à une confirmation
À ce stade, le Maroc apparaît comme le principal candidat pour accueillir l’essentiel du Dakar 2027, mais les informations disponibles ne permettent pas encore de considérer ce retour comme définitivement acquis. Les annonces officielles des organisateurs seront déterminantes pour confirmer le pays hôte, le calendrier et le tracé de la prochaine édition.
La perspective n’en demeure pas moins significative. Près de vingt ans après la dernière édition africaine effectivement disputée en 2007, le Dakar pourrait retrouver les pistes du continent qui lui ont donné son nom et une grande partie de son identité.
Si cette nouvelle orientation se confirme, le Maroc ne serait pas seulement une étape du Dakar : il deviendrait le principal théâtre de son retour aux sources africaines.