D’après le journal espagnol La Razón, le projet d’un tunnel sous-marin reliant l’Espagne au Maroc reprend vie après des décennies d’oubli partiel. Madrid et Rabat avancent désormais une date qui semblait hier encore pure fiction : une ouverture possible autour de 2040.
Ce tunnel relierait Algeciras et Tanger, deux villes séparées par le détroit de Gibraltar, avec une infrastructure ferroviaire de près de 60 kilomètres, dont 28 sous la mer. L’idée initiale d’un tunnel mixte pour voitures et trains a été abandonnée, jugée trop complexe. La solution retenue est un tunnel uniquement ferroviaire, dédié aux passagers et aux marchandises, qui deviendrait l’un des plus longs au monde, dépassant même l’Eurotunnel entre la France et le Royaume-Uni.
Selon La Razón, le projet bénéficie d’un regain politique depuis la rencontre en 2023 entre la ministre espagnole des Transports et son homologue marocain. Les financements suivent : l’entreprise publique Secegsa est passée d’un budget de 100.000 euros en 2022 à plus de 4,7 millions en 2024 grâce, en partie, au plan européen de relance.

Deux études sont en cours pour déterminer la faisabilité du chantier. La première porte sur l’analyse géotechnique du seuil de Camarinal, zone clé pour le forage. La seconde évalue l’activité sismique du détroit, réputé instable. Les conclusions sont attendues pour mi-2025. Elles permettront de confirmer, ou non, la possibilité technique de ce projet titanesque.
Le coût total pourrait dépasser 15 milliards d’euros, nécessitant un financement partagé entre l’Espagne, le Maroc et l’Union européenne. Au-delà des chiffres, ce tunnel représente un symbole fort : relier l’Europe et l’Afrique par le rail serait un pas décisif vers une meilleure connectivité et une intégration régionale accrue.
Ce rêve d’ingénieurs et de diplomates revient ainsi sur la table, porté par un contexte politique plus favorable et des avancées technologiques réelles. Reste à voir si, cette fois, il se transformera en horizon concret.