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Sahara marocain : le Panama franchit un cap diplomatique clair

05 août 2025 - 19:19

En quelques mois, le Panama a transformé sa posture sur le dossier du Sahara marocain, passant d’une suspension des liens avec la “rasd” à une reconnaissance assumée de la souveraineté du Maroc. Une inflexion stratégique qui dépasse le symbolique.

Parmi les signaux forts émis récemment sur la scène internationale, la position désormais limpide du Panama sur la question du Sahara marocain mérite une attention particulière. En l’espace de quelques mois, ce pays d’Amérique centrale a réorienté son approche, rompant clairement avec l’ambiguïté passée et affirmant sans détour sa reconnaissance du plan marocain d’autonomie comme seule base viable de règlement.

L’évolution s’est faite par paliers, mais sans équivoque. En novembre 2024, le ministère panaméen des Affaires étrangères annonçait la suspension immédiate de toute relation diplomatique avec l’entité séparatiste. Une décision prise “conformément aux règles du droit international”, selon les termes du communiqué officiel. Quelques jours plus tard, lors d’un échange avec le ministre Nasser Bourita, le chef de la diplomatie panaméenne, Javier Eduardo Martinez-Acha Vasquez, réitérait cette décision, soulignant son caractère souverain et irréversible.

Mais c’est en juin 2025 que le changement d’axe devient manifeste. À l’issue d’une visite de travail à Rabat, une déclaration conjointe consacre le soutien du Panama au plan d’autonomie marocain, présenté comme “le cadre le plus sérieux, crédible et réaliste” pour parvenir à un règlement durable. Plus récemment, à l’occasion du 26e anniversaire de l’intronisation de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le ministre panaméen s’exprime à la télévision, en des termes qui ne laissent place à aucune interprétation : l’autonomie sous souveraineté marocaine est désormais la seule option soutenue par son gouvernement.

Au-delà des formules diplomatiques, cette évolution prend une importance accrue à la lumière du siège que le Panama occupe actuellement en tant que membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies (2025–2026). Dans cet espace stratégique, où les dynamiques régionales et internationales s’entrecroisent, chaque position compte. En s’alignant sur les États qui soutiennent la proposition marocaine — aujourd’hui majoritaires au sein du Conseil —, le Panama envoie un message de cohérence géopolitique et d’adaptation aux réalités.

Il serait toutefois réducteur d’y voir un simple effet d’alignement. Cette inflexion diplomatique illustre aussi l’efficacité de la stratégie marocaine menée sous le leadership du Roi Mohammed VI, fondée sur la constance, l’ouverture et la légitimité du droit. Elle témoigne également d’un certain isolement croissant du front séparatiste, confronté à un reflux de soutiens internationaux et à une perte progressive de crédibilité.

Dans un contexte global où les équilibres évoluent rapidement, le cas panaméen confirme une tendance lourde : celle d’une reconnaissance internationale croissante de la marocanité du Sahara. Une réalité que ni la rhétorique ni les manœuvres d’arrière-garde ne semblent désormais en mesure d’endiguer.

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