L’Organisation des pays exportateurs de pétrole estime que la hausse de la production sera indispensable pour maintenir la sécurité énergétique mondiale. Un message qui intervient alors que la transition vers les énergies renouvelables progresse, mais reste freinée par la réalité des marchés.
L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a réaffirmé, dimanche, que la stabilité des marchés à court terme constitue la base d’un avenir durable pour l’industrie énergétique mondiale. Selon son secrétariat général, le pétrole brut et ses produits dérivés resteront un élément central du mix énergétique mondial « pour les décennies à venir ».
Dans son rapport World Oil Outlook 2025, l’organisation prévoit que la demande mondiale atteindra près de 123 millions de barils par jour en 2050, soit 19 % de plus qu’en 2024. Cette progression s’explique par la croissance démographique, l’urbanisation et le développement d’industries gourmandes en énergie, notamment celles liées à l’intelligence artificielle.
Cette projection contraste avec celle de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui anticipe un pic de consommation dès 2029, grâce à l’essor des véhicules électriques et aux investissements dans les énergies renouvelables. Pour l’OPEP, la demande des pays en développement et les besoins structurels de l’économie mondiale empêcheront un déclin rapide de la consommation de pétrole.
Des responsables énergétiques, notamment en Russie, partagent cette analyse, estimant qu’une augmentation des volumes produits est nécessaire pour stabiliser les marchés dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques et l’incertitude économique.
Au-delà de la divergence technique, cette position de l’OPEP vise à rassurer les marchés et à préserver la confiance des investisseurs dans le secteur pétrolier. Les pays producteurs cherchent à contenir la volatilité des prix et à maintenir leur influence dans les équilibres énergétiques mondiaux.
En affirmant que le pétrole restera indispensable, l’OPEP oppose une vision de continuité à celle d’une transition énergétique rapide. Le véritable défi sera de répondre à la demande mondiale tout en investissant dans des solutions qui réduisent l’empreinte carbone, pour concilier stabilité économique et urgence climatique.