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Mondial 2026 : l’Afrique au rendez-vous, mais la question de l’accueil demeure

31 août 2025 - 09:49

Lors d’une conférence de presse à Nairobi, la scène a pris une tournure révélatrice : des journalistes africains ont interpellé Gianni Infantino, président de la FIFA, sur la sécurité et l’accueil des supporters africains aux États-Unis lors du prochain Mondial. « Nous allons jouer dans un pays où certains d’entre nous ne se sentent pas les bienvenus », a lancé un reporter sud-africain. Une inquiétude loin d’être anecdotique, à l’heure où les tensions migratoires et les discours discriminatoires nourrissent le scepticisme.

Infantino, fidèle à son registre rassurant, a répondu que « tous seront les bienvenus en Amérique du Nord ». Mais pour les millions de fans africains qui rêvent de vivre cette fête planétaire, la promesse sonne comme un slogan plus que comme une garantie. Car la Coupe du monde n’est pas seulement un tournoi sportif : c’est une vitrine diplomatique et culturelle. Chaque incident à l’aéroport, chaque suspicion de traitement inégal pourrait transformer le rêve en humiliation collective.

Pour le Maroc, qui s’est hissé au sommet du football africain et mondial après son épopée au Qatar 2022, le sujet est particulièrement sensible. Les supporters marocains seront parmi les plus nombreux à traverser l’Atlantique. Leur ferveur, déjà remarquée dans les stades de Doha, promet d’animer New York, Miami ou Los Angeles. Mais cette énergie doit trouver un terrain sûr et respectueux. Le moindre signe de marginalisation entacherait non seulement l’image des États-Unis comme hôte, mais aussi celle de la FIFA, garante de l’universalité du football.

Le contexte international complique encore la donne : la politique de l’administration Trump vis-à-vis des pays du Sud alimente les doutes. Entre sanctions commerciales, durcissement des règles migratoires et rhétorique clivante, le contraste est frappant avec l’esprit inclusif que la FIFA aime promouvoir. La Coupe du monde de 2026 sera ainsi un test grandeur nature : peut-on concilier une Amérique politiquement divisée avec l’universalité d’un tournoi qui prétend rassembler la planète ?

L’Afrique, avec ses neuf ou dix représentants attendus, sera observatrice mais aussi actrice de cette équation. Les fédérations et les gouvernements du continent auront un rôle à jouer : rappeler à la FIFA et à Washington que le respect et la dignité ne sont pas des options, mais des conditions essentielles pour que la fête ait lieu.

Le football, au-delà des dribbles et des buts, mesure la capacité des sociétés à ouvrir leurs portes et leurs cœurs. Et si les tribunes américaines parviennent à accueillir la diversité africaine sans réserve ni arrière-pensée, alors ce Mondial deviendra non seulement une compétition historique, mais aussi une leçon de coexistence.

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