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Au Caire, le G20 s’ouvre sur la sécurité alimentaire : un rendez-vous inédit qui place l’Afrique au centre du jeu

01 septembre 2025 - 12:48

Pour la première fois depuis sa création en 1999, le G20 se réunit en dehors de ses membres. Le choix du Caire, du 1er au 3 septembre, traduit la volonté de donner une place plus visible au continent africain dans un débat mondial crucial : celui de la sécurité alimentaire.

Le forum qui rassemble 19 puissances économiques, l’Union européenne et désormais l’Union africaine, a choisi l’Égypte comme hôte pour lancer trois jours de discussions consacrées aux risques de pénuries, à la volatilité des prix et aux défis du changement climatique. Cette première en dehors des pays membres n’est pas qu’un symbole : elle marque une reconnaissance de l’importance géopolitique croissante de l’Afrique et de son rôle incontournable dans les équilibres alimentaires mondiaux.

Dès l’ouverture, le ministre égyptien des Finances Ahmed Kouchouk a insisté sur la dimension inclusive de cette rencontre : le G20, a-t-il rappelé, doit servir de plateforme pour associer les sociétés civiles, donner la parole aux pays en développement et bâtir des solutions collectives. Avec la présidence sud-africaine du G20 cette année, le ton est donné : replacer les préoccupations africaines au cœur du multilatéralisme.

La question alimentaire dépasse les frontières. Elle se nourrit des conflits, des sécheresses et des inégalités d’accès aux marchés. Pour l’Égypte, dont l’économie reste très dépendante des importations de blé, le choix d’accueillir ce sommet est un geste politique fort. Le Caire se présente comme médiateur entre Nord et Sud, porteur d’une expérience concrète où la stabilité sociale passe par la sécurité alimentaire.

L’événement est aussi une alerte adressée aux grandes puissances : sans l’Afrique, il n’y a pas de solution durable à la crise alimentaire mondiale. En rassemblant autour de la table les pays du G20, des invités extérieurs et des organisations internationales, ce rendez-vous ambitionne de transformer les slogans de solidarité en mesures tangibles : financement de projets agricoles, régulation des marchés, soutien aux communautés rurales.

Le Caire devient ainsi le théâtre d’une expérience diplomatique inédite. Si elle réussit, elle pourrait ouvrir la voie à une redéfinition du rôle du Sud global dans la gouvernance mondiale, et renforcer la légitimité de l’Union africaine comme acteur de premier plan.

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