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Le Prix Ibn Rushd de la Concorde : un pont culturel entre l’Espagne et le Maroc

01 septembre 2025 - 19:45

RABAT – Le 2 octobre prochain, le prestigieux amphithéâtre Charif Al Idrissi de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université Mohammed V accueillera un rendez-vous qui illustre la profondeur des liens entre les deux rives de la Méditerranée. La Asociación de Amistad Andaluza Marroquí – Foro Ibn Rushd remettra la deuxième édition de son Prix Ibn Rushd de la Concorde, avec le soutien de la Fondation Baleària.

Ce prix, sous la forme d’un buste en bronze du philosophe andalou Averroès, récompense chaque année des personnalités et des institutions qui défendent le dialogue, la liberté, la tolérance et la coexistence entre le Maroc et l’Espagne.

Deux lauréats emblématiques

Le jury a choisi de distinguer cette année deux figures représentatives de cette passerelle culturelle :

  • La Société Nationale de Radiodiffusion et de Télévision du Maroc (SNRT), représentée par son président-directeur général, Faïçal Laraïchi. Le jury a salué la continuité des journaux télévisés en espagnol depuis 1990 et l’existence d’une radio nationale qui diffuse également en castillan. Pour les observateurs, cette fidélité à la langue de Cervantes témoigne de l’importance stratégique accordée par le Maroc à la présence du castillan dans son espace médiatique.

  • Malika Embarek López, traductrice hispano-marocaine née à Madrid, reconnue pour avoir fait découvrir au public hispanophone des écrivains maghrébins et français comme Tahar Ben Jelloun, Mohamed Choukri, Leila Slimani ou Abdellah Laroui. Lauréate du Prix National de Traduction en Espagne (2017), elle incarne un exemple vivant de métissage et de dialogue des cultures.

Une cérémonie de haut niveau

L’acte sera présenté par la poétesse Touria Majdouline et le professeur Azeddine Ettahri. Plusieurs personnalités assisteront à l’événement : le président de l’Université Mohammed V, Mohammed Rhachi ; la doyenne de la faculté, Laila Mounir ; l’ambassadeur d’Espagne à Rabat, Enrique Ojeda ; ainsi que les responsables de la Fondation Baleària et de l’Association de Amistad Andaluza Marroquí.

Le prix Ibn Rushd, créé en 2021, s’impose déjà comme une référence symbolique. Lors de sa première édition, organisée à l’Alhambra de Grenade, il avait été attribué à l’Institut Cervantes au Maroc et à l’écrivain Abdelkader Chaui.

Plus qu’un prix, un message

Derrière les discours protocolaires, cette initiative souligne un fait essentiel : l’espagnol reste une langue vivante au Maroc, et le Maroc continue de jouer un rôle actif dans la diffusion de la culture hispanique. Pour le public marocain francophone, assister ou suivre cet événement, c’est percevoir la vitalité d’un espace partagé où l’histoire andalouse, la Méditerranée et la modernité tissent un même horizon.

Un prix, certes, mais surtout une invitation : penser la concorde comme un chemin commun entre Rabat et Madrid, entre Tanger et Séville, entre deux peuples liés par la mémoire et par l’avenir.

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