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BRICS : Xi Jinping confirme sa participation à un sommet virtuel, l’Afrique au cœur du nouveau jeu multipolaire

08 septembre 2025 - 12:43

La réunion extraordinaire convoquée par Lula da Silva place une fois de plus les pays émergents au centre d’un bras de fer commercial et géopolitique avec l’Occident.

La Chine a confirmé la participation du président Xi Jinping au sommet virtuel extraordinaire des BRICS qui se tient ce 8 septembre. Pékin l’a présenté comme une étape pour « défendre la justice et renforcer la solidarité entre pays du Sud », à un moment où la guerre commerciale lancée par Washington attise les tensions globales.

Derrière l’annonce officielle se cache une dynamique plus profonde. Depuis l’élargissement décidé en 2024, le BRICS ne se limite plus aux cinq fondateurs (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud). Il rassemble désormais dix membres, dont l’Égypte et l’Éthiopie, aux côtés de puissances du Golfe comme l’Arabie Saoudite et les Émirats. Cet élargissement traduit un déplacement du centre de gravité vers le Sud global, où l’Afrique devient plus qu’un simple spectateur : un acteur reconnu.

La convocation de ce sommet par Luiz Inácio Lula da Silva illustre aussi la volonté du Brésil de jouer l’architecte d’une réponse collective face aux tarifs douaniers imposés par l’administration Trump. Mais pour les pays africains, la valeur de ce forum réside ailleurs : il s’agit de diversifier leurs partenariats, de réduire leur dépendance à l’Europe et de profiter des rivalités mondiales pour accroître leur marge de manœuvre.

Ce nouvel espace multipolaire attire naturellement l’attention du Maghreb. Et si l’Algérie ou la Tunisie restent à la marge, le Maroc s’impose comme l’acteur le plus crédible de la région. Ses infrastructures modernes, sa stabilité politique et son rôle de hub continental — du port Tanger-Med au réseau de TGV en passant par ses investissements en Afrique de l’Ouest — font du Royaume un partenaire incontournable. L’entrée de l’Égypte et de l’Éthiopie renforce la visibilité africaine au sein du BRICS, mais beaucoup considèrent que le Maroc représente déjà une passerelle stratégique entre l’Afrique, l’Europe et l’Asie, et qu’il finira par occuper la place qui lui revient dans cette dynamique multipolaire.

Reste la question centrale : le BRICS peut-il offrir une alternative crédible au G7 ou au FMI, ou restera-t-il une tribune politique sans instruments contraignants ? Pékin et Moscou y voient une vitrine diplomatique, Riyad et Abou Dhabi un levier économique, Brasilia une plateforme pour peser face à Washington. Quant aux membres africains, ils y trouvent la reconnaissance symbolique longtemps recherchée.

Le sommet du 8 septembre ne règlera pas les déséquilibres du commerce mondial, mais il confirme une évidence : la multipolarité n’est plus une hypothèse, c’est une réalité en construction. Et l’Afrique, par sa présence dans ce cercle élargi, ne peut plus être perçue comme périphérique. Dans ce nouveau théâtre, elle occupe une place au premier rang.

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