Le cofondateur du groupe britannique s’est éteint à 81 ans. Sa voix grave et son piano électrique Wurlitzer ont marqué des générations, du Royaume-Uni jusqu’au Maghreb.
Rick Davies n’a jamais recherché la lumière des projecteurs. Pourtant, sans lui, Supertramp n’aurait pas eu ce son si reconnaissable qui a traversé les frontières. Pianiste, chanteur et compositeur, il est décédé samedi à Long Island, aux États-Unis, à l’âge de 81 ans, après avoir combattu un myélome pendant près d’une décennie.
Né à Swindon en 1944, Davies fonde Supertramp à Londres en 1969 aux côtés de Roger Hodgson. Ensemble, ils créent une alchimie musicale unique, mêlant pop progressive, jazz et blues. Les années 1970 et 1980 seront leur âge d’or, porté par des titres devenus universels : Dreamer, Goodbye Stranger, School ou encore l’album culte Breakfast in America.
Davies apportait la profondeur, Hodgson la lumière. L’un, voix grave et chaleureuse, l’autre, falsetto lumineux : ce contraste fit la singularité de Supertramp. Mais derrière les refrains repris dans le monde entier, c’était le piano électrique de Davies, son fameux Wurlitzer, qui battait le tempo. Un son immédiatement identifiable, qui a accompagné les soirées radio dans les cafés de Casablanca comme dans les bars de Paris.
Après le départ de Hodgson en 1983, Rick Davies tient la barre du groupe. La santé finira par l’éloigner des grandes tournées, mais il continuera de jouer, discrètement, avec ses amis musiciens. La musique, pour lui, n’était pas une industrie mais un refuge.
Son groupe lui a rendu hommage en rappelant « sa voix pleine d’âme et son inoubliable toucher de piano ». Dans le Maghreb, comme ailleurs, cet hommage résonne avec la mémoire de toute une génération pour qui Supertramp symbolisait un souffle de liberté, une manière d’échapper aux certitudes d’un monde figé.
Rick Davies laisse un héritage simple et immense à la fois : des chansons qui refusent de vieillir. Sa disparition rappelle que les grandes voix ne se mesurent pas au volume des projecteurs, mais à la profondeur de l’écho qu’elles laissent derrière elles.