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Incident au large de Tunis : la flottille pour Gaza dénonce une attaque, les autorités parlent d’accident

09 septembre 2025 - 10:56

Un navire de la flottille humanitaire en route vers Gaza a été touché par un incendie près de Tunis. Les organisateurs évoquent une attaque de drone, tandis que les autorités tunisiennes parlent d’un simple accident.

La mission Global Sumud Flotilla, partie de Barcelone début septembre avec une vingtaine d’embarcations et plusieurs personnalités, dont l’activiste Greta Thunberg, a connu un incident dans la nuit de lundi à mardi au large de la côte tunisienne. L’un de ses bateaux a pris feu après une détonation, sans faire de blessés parmi les six personnes à bord.

Les organisateurs ont affirmé sur les réseaux sociaux qu’un drone avait frappé le navire. Une vidéo diffusée montre un bourdonnement, un cri d’alerte et une explosion, suivie d’un éclair. Le convoi a dénoncé un « acte d’agression destiné à saboter la mission », rappelant que son objectif est de créer un corridor humanitaire vers Gaza.

La version a rapidement été contestée par les autorités tunisiennes. La Garde nationale a indiqué qu’aucun drone n’avait été détecté dans la zone et a privilégié l’hypothèse d’un accident lié à un mégot de cigarette ayant déclenché un incendie dans les gilets de sauvetage. « Les informations sur un drone sont infondées », a insisté le porte-parole Houcem Eddine Jebabli.

La rapporteuse spéciale de l’ONU pour les territoires palestiniens, Francesca Albanese, qui s’est rendue sur place, a confirmé avoir visionné la vidéo et a déclaré que, si un drone était impliqué, il s’agirait « d’une agression contre la souveraineté tunisienne ». Pour l’heure, aucune partie tierce n’a revendiqué l’incident et l’armée israélienne n’a pas commenté.

L’épisode reflète la tension croissante autour de cette initiative internationale. Alors que Gaza vit une catastrophe humanitaire dénoncée par l’ONU, les flottilles civiles cherchent à briser le blocus israélien. Mais chaque escale, chaque incident devient un champ de bataille narratif où se confrontent versions et intérêts politiques.

Dans cette affaire, la vérité technique – drone ou cigarette – importe moins que la symbolique. Pour les organisateurs, parler d’attaque extérieure accroît la visibilité et dramatise la cause palestinienne. Pour Tunis, minimiser l’incident évite toute escalade diplomatique et affirme son contrôle sur son espace maritime.

Ce flou illustre une constante des mobilisations humanitaires en zones de conflit : les faits deviennent objets de récit, et le doute lui-même se transforme en arme politique. Entre activisme, diplomatie et propagande, la bataille se joue aussi sur la scène médiatique.

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