Un homme palestinien tient un tract, largué par les forces israéliennes, ordonnant aux habitants de la ville de Gaza d’évacuer, à Gaza, le 9 septembre 2025.
À Gaza, l’hôpital Al-Shifa refuse d’obéir à l’ordre d’évacuation émis par l’armée israélienne. Son personnel choisit de rester auprès des malades, malgré des conditions sanitaires dramatiques et l’absence d’alternatives au sud de l’enclave.
L’armée israélienne a ordonné mardi l’évacuation complète de la ville de Gaza, qualifiée de « zone de combat dangereuse ». Mais le plus grand hôpital de la capitale, Al-Shifa, a rejeté cette consigne. Son directeur a affirmé que déplacer les patients était impossible : les établissements du sud, saturés, n’ont plus aucune capacité d’accueil.
Les chiffres donnent la mesure de la tragédie : plus de 50 malades sous ventilation, 80 nourrissons en incubateur et 350 patients en dialyse ne peuvent être transférés sans risques mortels. Les unités de soins intensifs affichent une occupation supérieure à 300 %.
« Nous resterons avec les patients. Nous demandons une protection internationale urgente pour les hôpitaux et le personnel médical, ainsi qu’un corridor sécurisé pour accueillir les blessés », a déclaré la direction de l’établissement.
Cette décision traduit l’impasse humanitaire. Le sud de la bande de Gaza, désigné comme « zone humanitaire » par Israël, est déjà saturé par des centaines de milliers de déplacés. Les hôpitaux de campagne et les cliniques de fortune y fonctionnent au-delà de leurs capacités.
L’appel du ministère de la Santé de Gaza à la communauté internationale souligne l’urgence : sans garanties de protection, les hôpitaux risquent de se transformer en pièges pour malades et soignants.
Al-Shifa devient ainsi un symbole. Entre la logique militaire et la survie des patients, le personnel médical choisit de défendre son serment humanitaire. Dans une ville assiégée par la faim, la maladie et les blessures, l’acte de rester auprès des malades prend la valeur d’une résistance morale.