Le magazine italien Panorama a publié le 16 septembre un article qui alerte sur un nouvel axe géopolitique formé par le Polisario, l’Iran et l’Algérie. Cette convergence, selon l’hebdomadaire, transforme le Sahara en foyer de menaces pour le Maghreb et pour la sécurité européenne.
Depuis des années, les camps de Tindouf constituent un sanctuaire politique et militaire où s’est installée la direction du Polisario avec l’appui d’Alger. Le texte italien rappelle d’ailleurs que « depuis des décennies, Alger soutient le Polisario sous tous les aspects : financier, logistique et politique ». Cette continuité a donné au mouvement séparatiste non seulement une base de repli, mais aussi un levier stratégique dans la rivalité régionale.
Le magazine évoque également l’implication de Téhéran, en particulier à travers ses liens avec le Hezbollah. Ces connexions, initialement perçues comme un discours de propagande, se traduisent désormais par des transferts concrets de savoir-faire militaire. Panorama cite des rapports de recherche selon lesquels l’arsenal du Polisario « comprendrait non seulement des armes conventionnelles mais aussi des technologies avancées, comme des systèmes destinés à simuler des attaques avec des drones ». Le potentiel de déstabilisation dépasse ainsi les dimensions locales et touche directement la Méditerranée et le Sahel.
L’article souligne que cette combinaison – aide iranienne, appui algérien et présence jihadiste dans le Sahel – « représente une menace directe pour les intérêts occidentaux ». Le constat rejoint les inquiétudes exprimées par plusieurs centres de recherche européens sur la porosité entre groupes séparatistes et réseaux terroristes. Les trafics, les entraînements extérieurs et les appuis financiers renforcent une dynamique qui fragilise les équilibres sécuritaires.
L’intérêt du papier de Panorama réside dans le fait qu’il relie ces éléments disparates pour montrer leur logique cumulative. Le Polisario n’est pas seulement un acteur local enfermé dans une querelle territoriale avec le Maroc, mais un maillon dans une chaîne d’alliances qui traversent la région et que d’autres puissances cherchent à instrumentaliser. L’Algérie, en offrant une couverture diplomatique, l’Iran, en exportant des techniques militaires, et les groupes armés du Sahel, en fournissant un environnement propice à l’extension de la violence, créent un triangle d’instabilité inédit.
Pour l’Europe, le Sahara ne peut plus être réduit à une querelle frontalière. Il s’impose désormais comme un espace où convergent séparatisme armé, réseaux terroristes et ambitions extérieures qui redessinent la carte des menaces régionales. En citant explicitement ce « triangle d’instabilité », le magazine italien ouvre un débat qui dépasse les frontières méditerranéennes et interpelle directement les capitales européennes.