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Gaza plongée dans le silence: Israël coupe internet et téléphonie lors de son offensive terrestre

17 septembre 2025 - 11:37

La capitale de la bande de Gaza a perdu toute connexion mercredi matin. Alors que l’armée israélienne intensifie ses bombardements et annonce l’entrée de ses chars, plus d’un million de personnes se retrouvent isolées, sans moyens de communication.

La Commission palestinienne de régulation des télécommunications a confirmé mercredi l’effondrement total des réseaux internet et téléphoniques dans la ville de Gaza. L’agence de presse officielle Wafa a indiqué que les frappes israéliennes avaient gravement endommagé les infrastructures, entraînant l’interruption des communications dans la capitale et une grande partie du nord de la bande.

L’agence EFE, présente à Jérusalem, a tenté d’appeler plusieurs habitants de Gaza sans succès. Cet isolement s’ajoute à une série de coupures qui, au cours des deux dernières années, ont paralysé les communications à la suite des bombardements répétés.

Une offensive terrestre annoncée

Ce nouvel épisode intervient alors qu’Israël a officialisé le lancement d’une opération terrestre contre Gaza-ville. Des chars avancent depuis la périphérie pour « consolider les positions » et, selon l’armée, « pousser la population vers le sud ». À la mi-août, environ un million de personnes s’y réfugiaient. Israël affirme que 350 000 habitants ont déjà fui, mais les estimations de l’ONU limitent ce chiffre à 190 000.

Le résultat est une capitale bombardée, privée d’électricité régulière et désormais coupée du monde extérieur. Les civils, déjà confrontés à des pénuries de nourriture et de médicaments, se retrouvent sans moyens de demander de l’aide ni de communiquer avec leurs proches.

Une accusation de génocide

Depuis le 7 octobre 2023 et les attaques de Hamas, plus de 65 000 Palestiniens ont péri, selon les chiffres cités par les Nations unies. Une commission d’enquête indépendante de l’ONU, plusieurs rapporteurs spéciaux et un nombre croissant d’États qualifient l’opération israélienne de « génocide ». Ils soulignent la destruction systématique des infrastructures civiles, les déplacements forcés et le ciblage des hôpitaux.

Israël rejette cette accusation, affirmant agir uniquement pour détruire l’appareil militaire de Hamas, responsable de l’attaque qui a tué plus de 1 200 Israéliens.

Le rôle vital des communications

Dans les guerres modernes, l’accès à internet et aux réseaux mobiles est vital. Il permet de documenter les violations, d’alerter l’opinion internationale et d’organiser les secours. Couper ces lignes équivaut à plonger une population entière dans l’ombre. Human Rights Watch et Amnesty International ont déjà dénoncé cette pratique comme un instrument de guerre visant à contrôler le récit et à empêcher la circulation d’informations indépendantes.

Pour les habitants de Gaza, le silence imposé est une double peine : à la peur des bombes s’ajoute l’angoisse de ne pas savoir si leurs proches sont vivants.

Une communauté internationale divisée

L’Union européenne et plusieurs capitales occidentales appellent à un cessez-le-feu « humanitaire », tandis que des pays du Sud global, comme l’Afrique du Sud ou la Bolivie, portent l’accusation de génocide devant la Cour internationale de Justice. Washington, principal allié d’Israël, continue de soutenir l’opération tout en exhortant à « minimiser les pertes civiles ».

Ce blackout numérique transforme la capitale assiégée en un territoire sans voix, où l’absence de communication devient elle-même une arme de guerre.

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