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L’ONU a 80 ans : le Maroc mise sur la coopération multilatérale

22 septembre 2025 - 19:27

À New York, le Maroc a pris part à la célébration du 80e anniversaire de l’Organisation des Nations Unies. Représenté par son ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, le Royaume a réaffirmé son attachement au multilatéralisme au moment où l’institution traverse l’une des phases les plus critiques de son histoire.

La cérémonie de lundi à l’Assemblée générale s’est déroulée dans une atmosphère faite à la fois de solennité et de symboles. Des performances artistiques et un documentaire retraçant huit décennies d’action multilatérale ont rappelé le rôle central joué par l’ONU dans la gestion des crises humanitaires, la diplomatie préventive ou encore la promotion des droits humains. Mais cette commémoration avait autant la saveur d’un hommage au passé qu’un appel pressant à la refondation.

Le Secrétaire général, Antonio Guterres, a dressé un constat sombre : l’ONU est aujourd’hui « menacée comme jamais auparavant » par la multiplication des conflits, le recul des Objectifs de développement durable et l’aggravation des inégalités. Son plaidoyer en faveur d’une organisation « renforcée et défendue » résonnait comme une alerte sur la perte de crédibilité d’une institution créée pour préserver la paix mondiale.

La présidente de l’Assemblée générale, Annalena Baerbock, a souligné pour sa part que cet anniversaire devait servir à démontrer que l’ONU pouvait agir « plus efficacement et plus responsablement ». Derrière ces mots se cache une reconnaissance implicite : l’organisation est minée par ses blocages internes et ses divisions, mais elle demeure indispensable pour affronter les défis planétaires.

La participation du Maroc, assurée par la présence de Nasser Bourita, a traduit la volonté du Royaume de réaffirmer son attachement au multilatéralisme, dans la continuité d’une tradition diplomatique qui place l’ONU au centre de ses engagements internationaux. Qu’il s’agisse du climat, de la lutte contre le terrorisme, du développement durable ou des missions de paix, le Maroc a cherché à rappeler que les solutions aux crises globales ne peuvent émerger qu’à travers des mécanismes collectifs.

Le thème retenu, « Mieux ensemble : 80 ans et plus pour la paix, le développement et les droits humains », traduit une ambition qui reste intacte, mais se heurte à des réalités implacables. La montée des tensions géopolitiques, les fractures Nord-Sud et l’urgence climatique rendent plus pressant le besoin d’unité. Pour un pays comme le Maroc, qui se définit comme passerelle entre l’Afrique, le monde arabe et l’Europe, la défense de l’ONU équivaut à la défense de sa propre diplomatie d’équilibre et de dialogue.

La semaine de haut niveau qui s’ouvre à l’Assemblée générale, avec ses sommets consacrés au climat, à l’économie mondiale ou encore à la santé, constituera un test. Elle montrera si l’ONU peut encore être un acteur crédible ou si elle restera prisonnière des rapports de force qui paralysent ses décisions. Pour Rabat, l’enjeu se résume à la défense du multilatéralisme, seule garantie pour que les pays du Sud ne soient pas condamnés à subir les fractures d’un ordre international en crise.

En définitive, la célébration des 80 ans de l’ONU aura mis en lumière l’écart entre mémoire et avenir. L’hommage aux réussites du passé n’efface pas l’urgence d’une réforme profonde. Pour le Maroc, à l’instar de bien d’autres pays, le multilatéralisme représente une nécessité vitale et non un luxe diplomatique, car la paix, le climat et le développement progressent seulement grâce à l’action commune.

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