À New York, la délégation marocaine conduite par Nasser Bourita a rappelé avec fermeté que la solution politique au différend du Sahara ne saurait se concevoir qu’à travers l’Initiative d’autonomie, dans le cadre de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Royaume.
À la veille des réunions du Conseil de sécurité sur le Sahara marocain prévues en octobre, Rabat a réaffirmé ce que Sa Majesté le Roi Mohammed VI a défini comme l’axe immuable de sa diplomatie. L’objectif est d’aboutir à une solution réaliste, pragmatique et durable fondée exclusivement sur l’autonomie. Ce message, répété avec clarté, vise à dissiper les illusions entretenues depuis des décennies par le Polisario et son parrain algérien autour d’un référendum qui n’a plus aucune base ni technique ni politique.
La rencontre de Nasser Bourita avec Staffan de Mistura, l’envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU, s’inscrit dans une dynamique où le Maroc multiplie les signaux de constance et de sérieux. La présence de hauts responsables onusiens à ces échanges témoigne de l’importance que revêt cette question pour l’organisation internationale. Pourtant, cette importance ne modifie pas la réalité, car les positions figées du Polisario prolongent un statu quo qui nuit d’abord aux populations séquestrées à Tindouf.
La position marocaine est soutenue par une évolution internationale constante. De plus en plus d’États reconnaissent la marocanité du Sahara ou soutiennent ouvertement l’autonomie comme seule base crédible. Ce basculement diplomatique isole davantage les discours figés d’Alger, qui continue de brandir l’option du référendum comme un talisman périmé tout en refusant d’assumer sa responsabilité directe dans ce différend.
La rhétorique du Polisario, répétée lors des récentes rencontres de De Mistura à Tindouf, illustre ce décalage. On affirme vouloir coopérer avec l’ONU, tout en rejetant toute issue qui ne serait pas fondée sur une consultation populaire irréalisable. Ce double langage affaiblit la crédibilité de l’organisation et met en évidence sa dépendance structurelle à l’égard d’Alger.
Face à cette impasse volontaire, Rabat ne varie pas. Le Maroc tend la main au dialogue mais dans le cadre du réalisme politique, celui-là même que le Conseil de sécurité réclame depuis des années dans ses résolutions successives. L’autonomie n’est pas un slogan, c’est une formule détaillée et conforme au droit international. Elle permet aux populations sahariennes de gérer leurs affaires locales tout en garantissant la souveraineté et l’intégrité du pays.
La portée de cette constance dépasse le seul dossier du Sahara. Elle reflète une maturité diplomatique qui a permis au Maroc de s’imposer comme acteur de stabilité en Afrique et au-delà. À New York, l’affirmation de cette ligne ne cherche pas seulement à convaincre les chancelleries réticentes mais aussi à rappeler à la communauté internationale que les blocages ne viennent pas de Rabat, mais d’une obstination algérienne de plus en plus en décalage avec la réalité du terrain.
La prochaine présentation de De Mistura devant le Conseil de sécurité confirmera sans doute cette vérité simple. Une solution durable ne peut s’appuyer que sur le réalisme et le compromis. C’est là que se trouve la valeur de l’autonomie marocaine, proposition qui gagne chaque jour davantage en crédibilité et en soutien.