À New York, en marge de la 80ème Assemblée Générale des Nations Unies, le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a multiplié les entretiens bilatéraux.
Les échanges avec Claver Gatete, secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, ont mis en avant la nécessité d’un renforcement des partenariats commerciaux et sécuritaires entre le Maroc et l’institution onusienne.

Mais c’est la rencontre avec Gabriela Sommerfeld, ministre équatorienne des Affaires étrangères, qui a retenu l’attention. Les deux responsables ont souligné les perspectives prometteuses d’une relation bilatérale récemment consolidée par l’ouverture de l’ambassade d’Équateur à Rabat. Ce geste diplomatique illustre une dynamique nouvelle entre Rabat et Quito, orientée vers la coopération économique, la concertation politique et la coordination sécuritaire.
Lors de sa visite officielle au Maroc, en juillet 2025, Mme Sommerfeld avait affirmé le soutien de son pays à l’Initiative marocaine d’autonomie, qualifiant cette dernière de « base » pour une solution durable au différend régional autour du Sahara marocain. Cette position équatorienne s’inscrit dans un mouvement plus large de reconnaissance internationale qui conforte Rabat dans sa stratégie diplomatique : rallier, pas à pas, des soutiens explicites en Amérique latine et au-delà.
À New York, les discussions entre Bourita et Sommerfeld ont ainsi pris la forme d’un approfondissement pragmatique : transformer la proximité politique en coopération concrète, notamment par des projets communs dans le domaine du commerce, de l’investissement et de la sécurité. L’ouverture de l’ambassade équatorienne à Rabat marque une étape tangible, mais l’enjeu à moyen terme sera de traduire ce rapprochement en résultats visibles pour les deux sociétés.
Pour Rabat, cette dynamique conforte la stratégie africaine et latino-américaine du Royaume : diversifier ses partenariats au-delà du cadre traditionnel euro-méditerranéen et s’affirmer comme un acteur relais entre continents. Pour Quito, ce rapprochement traduit une volonté d’inscrire l’Équateur dans une diplomatie plus large, où le Maghreb devient un espace d’opportunités et de résonance internationale.
Dans un contexte mondial marqué par des recompositions rapides, ces pas bilatéraux ne relèvent pas du simple protocole. Ils annoncent une convergence où se mêlent sécurité, économie et reconnaissance politique. À travers eux, le Maroc continue de tisser patiemment une toile diplomatique qui renforce sa position au sein des forums multilatéraux et qui confère à sa cause nationale un écho croissant sur la scène internationale.