Le Département d’État américain a réaffirmé, ce jeudi, son soutien au plan d’autonomie marocain, via un message publié sur son compte officiel en français sur la plateforme X.
La déclaration reprend avec force les termes utilisés par le sénateur Marco Rubio. Washington « reconnaît la souveraineté du Maroc sur le Sahara », considère le plan d’autonomie comme « la seule base » pour une solution politique juste et durable, et appelle à la reprise rapide des négociations afin de parvenir à un accord mutuellement acceptable. Cette formulation, déjà connue, confirme la constance de la position américaine depuis la décision prise en 2020 par l’administration Trump, puis consolidée sous la présidence Biden.
Mais le choix des mots révèle un détail diplomatique significatif. Le Département d’État parle de « parties » et non de « deux parties ». Alger insiste depuis des années sur l’idée que seules « deux parties » sont directement impliquées, le Maroc et le Polisario. En utilisant une terminologie plus large, Washington désigne implicitement l’Algérie comme acteur central du différend régional. C’est une reconnaissance claire de la responsabilité d’Alger dans la perpétuation du conflit.
Pour Rabat, cette nuance pèse autant que la réaffirmation de principe. Elle légitime l’argument selon lequel la résolution du différend ne peut aboutir sans l’implication directe de l’Algérie. Pour Alger, au contraire, cette lecture fragilise la ligne diplomatique qui cherche à se présenter comme simple « pays observateur » et non comme partie prenante.
Le soutien au plan d’autonomie, déjà qualifié de « sérieux, crédible et réaliste » par de nombreux pays, s’accompagne donc d’une lecture politique qui consolide la diplomatie marocaine. En insistant sur la reprise des négociations, les États-Unis rappellent également leur rôle de facilitateur global, convaincus qu’une issue politique reste la meilleure garantie de prospérité, de paix et de stabilité dans la région sahélo-saharienne.
Derrière l’apparente neutralité du langage diplomatique, le message américain s’aligne sur la stratégie de Rabat en consolidant les soutiens explicites et en plaçant l’Algérie face à son rôle dans le conflit. Washington, par la précision d’un mot, vient d’offrir à Rabat un argument diplomatique supplémentaire, que le Maroc ne manquera pas de valoriser dans ses prochaines démarches multilatérales.