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Ramallah condamne l’interception de la flottille humanitaire et conteste l’autorité maritime d’Israël

02 octobre 2025 - 12:48

Le ministère palestinien des Affaires étrangères a dénoncé jeudi ce qu’il qualifie « d’agression illégale » de la marine israélienne contre les navires de la Global Sumud Flotilla, une initiative civile transportant de l’aide humanitaire vers la bande de Gaza. Selon Ramallah, l’intervention militaire constitue une violation flagrante du droit international, d’autant qu’Israël « n’a ni souveraineté ni compétence sur les eaux territoriales palestiniennes ni sur les eaux internationales ».

Dans un communiqué, l’Autorité palestinienne rappelle que l’occupation israélienne a été déclarée illégale par la Cour internationale de justice, ce qui rend toute interception en mer « dépourvue de fondement juridique ». Les autorités palestiniennes estiment que Tel-Aviv agit en dehors du cadre des conventions internationales, notamment la Convention des Nations unies sur le droit de la mer et les normes relatives à la protection des civils et des missions humanitaires.

La flottille transportait plus de 470 participants issus de plusieurs pays, avec pour objectif déclaré de « briser le blocus imposé à Gaza » et de livrer directement de l’aide aux populations enclavées. Ramallah insiste sur le caractère pacifique et civil de l’initiative, présentée comme une réponse aux restrictions imposées depuis des mois à l’entrée de nourriture, de médicaments et de carburant dans l’enclave.

L’Autorité palestinienne tient Israël pour « pleinement responsable de la sécurité et du sort » des militants à bord et rappelle que la situation humanitaire dans la bande de Gaza a été qualifiée de famine par les Nations unies, notamment dans la partie nord du territoire. En août, l’ONU a officiellement constaté un état de crise alimentaire extrême consécutif au blocus et aux bombardements.

Pour Ramallah, l’affaire dépasse la question de l’interception en mer : elle renvoie à l’illégalité du siège imposé à Gaza depuis des années et à l’absence de cadre international contraignant malgré les condamnations diplomatiques répétées. Les autorités palestiniennes saluent le « courage des participants » et appellent les gouvernements concernés, ainsi que les organisations internationales, à intervenir pour garantir leur protection et leur libération.

Côté israélien, les premiers éléments indiquent que les personnes arrêtées sont en cours de transfert vers le port d’Ashdod, avant des procédures de renvoi vers leurs pays respectifs. Cette version ne calme toutefois pas les critiques, alors que plusieurs ONG accusent Israël d’entraver une mission strictement humanitaire.

Entre appel à la solidarité internationale et confrontation juridique, cet épisode relance le débat sur le statut des eaux au large de Gaza, le blocus, et la capacité réelle des Palestiniens à faire valoir leurs droits face à un contrôle militaire maintenu depuis plus de quinze ans.

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