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Vingt-sept ans après sa disparition, Hassan II continue de structurer l’imaginaire politique marocain

02 octobre 2025 - 17:06

Le 2 octobre 2025 – correspondant au 9 Rabii II 1447 – marque le vingt-septième anniversaire de la disparition du Feu SM le Roi Hassan II. Cette commémoration prend une dimension particulière cette année, à quelques semaines du cinquantenaire de la Marche verte et dans un contexte où le pays reconsidère les fondations de son récit national.

Si le règne de SM le Roi Hassan II demeure associé à des périodes contrastées, il est indéniable qu’il a façonné la trajectoire institutionnelle du Maroc contemporain. Son action a combiné centralisation monarchique, affirmation diplomatique et modernisation progressive de l’État. L’un de ses legs structurants reste la consolidation de l’unité territoriale, notamment à travers la Marche verte de 1975, devenue un marqueur identitaire et politique majeur dans la mémoire collective.

Sur le plan interne, le souverain a supervisé l’émergence d’un État doté d’institutions formelles, d’un multipartisme encadré et d’une administration modernisée. L’introduction graduelle de réformes constitutionnelles, la place accordée à la représentation parlementaire et le développement de secteurs stratégiques – infrastructures, agriculture, industrie naissante – ont contribué à installer le Maroc sur une trajectoire de modernisation relative, malgré les tensions et les épisodes de crise qui ont marqué les années 1960-1990.

L’action de Hassan II ne s’est pas limitée au cadre national. Sur la scène internationale, il s’est imposé comme un interlocuteur recherché, misant sur la diplomatie personnelle et l’arbitrage discret. Son implication dans le dialogue israélo-palestinien, son soutien affiché à la cause palestinienne ou encore son rôle dans les négociations arabes en ont fait un acteur incontournable dans les années 1970 et 1980. La tenue du sommet arabe de Rabat en 1974, où l’OLP est reconnue comme représentante légitime du peuple palestinien, reste un épisode clé de cette diplomatie.

En Afrique, Hassan II a contribué aux étapes fondatrices de l’Organisation de l’unité africaine et promu un engagement soutenu en faveur des indépendances et de la coopération continentale. Ses positions ont été récemment saluées à nouveau, notamment lors de distinctions symboliques décernées à titre posthume sur le continent.

Son influence s’est également exprimée dans le champ religieux. Comme Commandeur des Croyants, il a consolidé la légitimité spirituelle de la monarchie et encouragé une visibilité internationale du rite malékite. L’instauration des célèbres « causeries hassaniennes » durant le Ramadan, la construction de mosquées au Maroc et à l’étranger – dont celle de Casablanca, devenue emblématique – témoignent de cette dimension.

À l’échelle maghrébine, Hassan II a plaidé pour l’intégration régionale. La création de l’Union du Maghreb arabe à la fin des années 1980 a cristallisé cette ambition, même si le projet est aujourd’hui à l’arrêt. L’idée demeure néanmoins un référentiel géopolitique pour les élites de la région.

Vingt-sept ans après sa disparition, la figure du Feu SM le Roi Hassan II continue d’occuper un espace central dans le débat marocain, entre héritage assumé, mémoire réévaluée et transmission symbolique. La commémoration de 2025 ne renvoie pas uniquement à un règne révolu, elle révèle aussi la manière dont le Maroc se raconte à lui-même, au moment où il s’apprête à revisiter un autre jalon fondateur, celui de la Marche verte.

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