Dans son rapport annuel au Conseil de sécurité, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, exprime sa préoccupation face aux attaques répétées attribuées au Front Polisario et appelle à un retour à la retenue et au dialogue.
Un rapport alarmant sur la situation dans le Sahara marocain
Dans son dernier rapport adressé au Conseil de sécurité, António Guterres met en garde contre la détérioration du climat sécuritaire dans le Sahara marocain, évoquant des violations persistantes du cessez-le-feu par le Front Polisario depuis la reprise des hostilités en 2020.
Le document, fondé sur les constats de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), décrit une série d’incidents armés dans les zones proches de Mahbès et de Smara. Le plus marquant remonte au 9 novembre 2024, lorsqu’un tir de roquettes a visé la localité de Mahbès pendant les célébrations du 49ᵉ anniversaire de la Marche verte. Aucune victime n’a été signalée, mais la mission onusienne a confirmé la découverte de débris de quatre projectiles à proximité d’un marché local.
Des attaques proches des installations onusiennes
Le rapport mentionne également un nouvel épisode survenu le 28 juin 2025 à Smara, où quatre explosions provoquées par des roquettes se sont produites à quelque 200 mètres d’un site de la MINURSO. Guterres souligne qu’il s’agit de l’incident le plus proche d’une installation de l’ONU depuis quatre ans, rappelant que ces attaques mettent directement en danger les casques bleus et violent les résolutions du Conseil de sécurité, notamment la 2589 (2021), qui assimile les agressions contre les personnels onusiens à des crimes de guerre.
Face à ces faits, le secrétaire général appelle la Polisario à cesser immédiatement toute action hostile et à respecter ses engagements au titre de l’accord de cessez-le-feu de 1991.
La position du Maroc
Le rapport fait également état d’une correspondance adressée par le représentant permanent du Maroc au secrétaire général le 12 novembre 2024, dans laquelle le Royaume condamne les attaques de Mahbès et réaffirme son droit à prendre toute mesure nécessaire pour protéger son intégrité territoriale, conformément à l’article 51 de la Charte des Nations Unies.
Rabat y qualifie les tirs de « crimes terroristes » visant des civils et des infrastructures locales, tout en réitérant son engagement à coopérer avec l’ONU dans le cadre du plan d’autonomie proposé pour mettre fin définitivement au différend régional.
Un avertissement diplomatique clair
António Guterres insiste sur le fait que la multiplication des violations affaiblit les efforts politiques du médiateur onusien, Staffan de Mistura, et compromet le climat de confiance indispensable à la reprise du processus de négociation.
Le chef de l’ONU invite l’ensemble des parties prenantes à faire preuve de retenue, de discipline et de responsabilité afin de préserver la stabilité de la région.
Il rappelle que le rôle de la MINURSO ne peut être pleinement assuré que si la liberté de mouvement et la sécurité de ses observateurs sont garanties. “Les actes d’intimidation ou de violence contre le personnel des Nations Unies sont inacceptables”, souligne le rapport.
Une responsabilité régionale partagée
Le texte met également en perspective le risque d’escalade militaire dans une zone stratégique de la façade atlantique, où les équilibres sécuritaires dépendent de la coopération entre les États du Maghreb et leurs partenaires européens.
Plusieurs diplomates cités dans le rapport estiment que les provocations armées de la Polisario “ne servent ni la paix ni la population des camps de Tindouf”, et appellent à une reprise rapide du dialogue sous l’égide des Nations Unies.