>

Al-Qods : Mahmoud Abbas désigne Hussein al-Sheikh comme successeur temporaire

26 octobre 2025 - 20:40

À Al-Qods, le président de l’Autorité nationale palestinienne, Mahmoud Abbas, a annoncé qu’en cas d’incapacité à exercer ses fonctions pour raison de santé ou absence d’un Conseil législatif actif, son poste serait provisoirement occupé par le vice-président de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Hussein al-Sheikh.

L’annonce intervient dans un contexte de fragilité politique et institutionnelle. Le texte diffusé par l’agence officielle Wafa précise qu’Al-Sheikh assurerait la présidence pour une période maximale de quatre-vingt-dix jours, le temps d’organiser de nouvelles élections selon la loi palestinienne.

Cette désignation répond à une question longtemps évitée : la succession d’Abbas, âgé de quatre-vingt-neuf ans et au pouvoir depuis 2005. L’absence d’un Conseil législatif en activité renforce la centralisation du pouvoir présidentiel et alimente les critiques sur le déficit de représentation démocratique au sein de l’Autorité.

Hussein al-Sheikh, soixante-quatre ans, est considéré comme l’un des plus proches collaborateurs du président. Membre influent du Fatah, il a dirigé des structures clés de coordination et entretenu des liens étroits avec Israël et les acteurs internationaux. Son profil pragmatique rassure certains partenaires étrangers, tandis que d’autres y voient la continuité d’un système verrouillé.

Cette configuration institutionnelle soulève des interrogations sur l’avenir de la gouvernance palestinienne et sur la légitimité d’un pouvoir prolongé sans élections. Une succession encadrée peut garantir la stabilité, mais elle affaiblit la vitalité politique et risque d’amplifier la lassitude d’une société épuisée par les blocages et la fragmentation territoriale.

Le geste d’Abbas semble viser à prévenir toute crise de vacance du pouvoir et à envoyer un message de continuité à la communauté internationale. Il traduit aussi la volonté de préserver une autorité affaiblie, fragilisée par les divisions internes et l’impasse du processus de paix.

Dans les rues d’Al-Qods et de Ramallah, la nouvelle a été accueillie avec une prudence mêlée de scepticisme. Beaucoup y voient un signe de stabilité institutionnelle, mais peu croient à une ouverture politique réelle. Le défi reste entier : transmettre le pouvoir sans le confisquer, renouveler la direction sans fracturer la cause.

Partager l'article

Partagez vos idées

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *