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Le Point : « Mohammed VI, artisan d’un tournant diplomatique historique »

02 novembre 2025 - 17:15

Le 31 octobre 2025 restera comme une date décisive dans l’histoire diplomatique du Maroc. Selon le journal français  Le Point, SM le Roi Mohammed VI a pris la parole hors de tout cadre officiel pour saluer « un changement historique » après l’adoption à New York de la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations Unies. Ce texte soutient explicitement le plan d’autonomie présenté par Rabat pour le Sahara marocain, un conflit vieux de près d’un demi-siècle avec le Front Polisario, soutenu par Alger.

Adoptée par onze voix pour, aucune contre et trois abstentions, la résolution marque une inflexion majeure. Pour la première fois, le Conseil de sécurité décrit l’Initiative d’autonomie marocaine comme la seule base « sérieuse, crédible et réaliste » pour parvenir à une solution politique durable. Ce langage confère à la position marocaine une légitimité diplomatique inédite et relègue la perspective d’un référendum d’indépendance au passé.

Un discours royal hors calendrier, chargé de symboles

Dans un message adressé à la nation, SM le Roi Mohammed VI a évoqué « cinquante ans de sacrifices » et l’ouverture d’un « nouveau chapitre victorieux ». Le ton, inhabituellement direct, traduit la portée du moment. Le Maroc estime qu’il s’ouvre désormais « la phase décisive du processus onusien ». Le souverain a annoncé la mise à jour prochaine du plan d’autonomie afin de le replacer au cœur de la négociation et a souligné que la résolution adoptée fixe désormais les fondements susceptibles de conduire à un règlement politique définitif.

Cette prise de parole illustre la volonté du Royaume de passer d’une gestion prudente à une stratégie d’affirmation et de consolidation. Dans le récit qu’en fait Le Point, « le royaume quitte la diplomatie de la patience pour celle de la réalisation ».

Une nouvelle boussole pour le processus onusien

L’adoption de la résolution 2797 couronne un long travail d’influence mené par Rabat depuis 2007. À ce jour, près de 120 pays — soit plus de 60 % des membres de l’ONU — soutiennent le plan marocain. Parallèlement, vingt-deux États membres de l’Union européenne, ainsi que trois membres permanents du Conseil de sécurité, partagent à présent la lecture marocaine du dossier.

Le texte proroge d’un an le mandat de la Minurso et charge le secrétaire général de l’ONU d’un examen stratégique dans les six mois à venir. Ce calendrier de suivi impose un rythme et une obligation de résultats rarement observés. Pour Le Point, cette approche traduit un changement de méthode : le temps diplomatique s’accélère et la question saharienne entre dans une phase de normalisation.

Un appel à la réconciliation régionale

L’un des passages les plus commentés du discours royal concerne l’appel au dialogue adressé à l’Algérie. Le Souverain a réaffirmé sa main tendue au président Abdelmadjid Tebboune pour « un dialogue fraternel et sincère » destiné à « dépasser les différends » et à refonder les relations bilatérales sur la confiance.

Le souverain a également interpellé les populations des camps de Tindouf, les invitant à « saisir une opportunité historique » pour participer à la gestion des affaires locales dans le cadre de l’autonomie et rejoindre « le giron du Maroc uni ». Ces propos, souligne Le Point, traduisent la volonté de Rabat d’inscrire cette victoire diplomatique dans une logique d’inclusion plutôt que de revanche.

Une diplomatie de constance et de reconnaissance

Sa Majesté le Roi a remercié les pays qui ont contribué à ce qu’il appelle « un changement historique ». Les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et l’Espagne ont été cités pour leur rôle déterminant, tandis qu’une mention particulière a été adressée aux pays africains et arabes ayant ouvert des consulats dans les provinces du Sud.

Depuis deux décennies, le Maroc a fait du Sahara marocain l’axe central de sa politique étrangère. Le retour du royaume à l’Union africaine en 2017, les partenariats économiques conclus sur le continent et le développement accéléré des provinces méridionales traduisent cette stratégie d’influence et de crédibilité.

Ports, routes, énergies renouvelables et zones industrielles témoignent d’une dynamique qui fait du Sud marocain un pôle de croissance et de stabilité au carrefour du Sahel et de l’Atlantique. Pour Le Point, « le Maroc transforme son ancrage territorial en levier diplomatique ».

Un demi-siècle après la Marche verte, une nouvelle étape

À l’approche du cinquantième anniversaire de la Marche verte, symbole fondateur du Maroc moderne, le discours du 31 octobre apparaît comme la prolongation d’un héritage. Cinquante ans après la mobilisation de 350 000 volontaires vers le Sahara, Rabat récolte le fruit d’une politique de continuité. La légitimité territoriale s’appuie désormais sur la reconnaissance internationale.

« Nous ouvrons un nouveau chapitre victorieux », a affirmé le Souverain, insistant sur la nécessité de transformer cette avancée diplomatique en dynamique de développement et d’intégration régionale. Un message qui, selon Le Point, dépasse la politique étrangère pour inscrire le Sahara marocain au cœur d’un projet collectif : celui d’un Maroc uni, stable et tourné vers l’avenir.

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