Le gouvernement marocain, via la Ministère de l’Économie et des Finances, a rendu public un document inédit estimant les effets d’une hausse des droits de douane américains sur les exportations marocaines vers les États-Unis. Selon cette étude, une augmentation moyenne de 13,6 % des droits de douane pourrait réduire le produit intérieur brut (PIB) réel du Royaume de 0,12 % en 2025 et de 0,13 % en 2026.
Lorsque sont intégrées les répercussions indirectes — ralentissement de la demande mondiale et resserrement des conditions financières —, l’impact total pourrait atteindre -0,28 % du PIB en 2025 et -0,36 % en 2026. Malgré des effets jugés « limités » à ce stade, le ministère souligne que le contexte mondial reste fortement incertain et riche en risques externes.
Selon la déclaration gouvernementale d’avril dernier, le Royaume, seul pays africain à disposer d’un accord de libre-échange avec les États-Unis, se trouve dans une relation économique fondamentale avec Washington. Le Maroc y est présenté comme une « porte » vers les marchés africains et arabes, soulignant sa vocation d’hub commercial régional.
Pour les analystes, si le volume des échanges marocains avec les États-Unis reste relativement modeste, le signal donné est moins économique que stratégique. Une alerte sur la vulnérabilité du Royaume aux chocs exogènes — et une incitation à renforcer l’intégration économique et la diversification des partenaires.