Trente ans après la Conférence de Copenhague, les Nations unies réunissent à Doha plus de 8 000 participants pour renouveler l’engagement mondial contre la pauvreté, l’exclusion et les inégalités.
La Deuxième Sommet mondial sur le développement social, convoquée par les Nations unies, s’est ouverte mardi à Doha, au Qatar, dans un contexte de crises multiples — économiques, climatiques et géopolitiques. L’objectif : redonner souffle à la coopération internationale en matière de justice sociale, conformément aux Objectifs de développement durable (ODD) de l’Agenda 2030.
Dans son discours d’ouverture, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a salué les politiques menées par plusieurs gouvernements pour « ne laisser personne de côté », tout en rappelant la gravité du moment : « La pauvreté, la faim et le chômage frappent encore des centaines de millions de personnes, tandis que les pays en développement ne reçoivent pas le soutien nécessaire ».
Selon les estimations de l’ONU, plus de 700 millions de personnes vivent toujours dans la pauvreté, alors que de nombreux États réduisent leurs budgets de santé et de protection sociale. Guterres a exhorté les pays industrialisés à honorer leurs engagements financiers, notamment pour mobiliser 1,3 billion de dollars par an en faveur de la lutte contre le changement climatique et du financement du développement social.
Le cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, émir du Qatar, a déclaré que cette rencontre offrait « une occasion de raviver l’esprit de solidarité et de coopération mondiale » et que la Déclaration de Doha, adoptée à l’issue du sommet, réaffirmerait une vision fondée sur « les droits humains, l’égalité et la paix ».
La conférence, qui se poursuivra jusqu’à jeudi, rassemble plus de 200 délégations d’États, d’organisations internationales et d’acteurs de la société civile, ainsi qu’une première réunion de la Coalition mondiale contre la faim et la pauvreté, réunissant chefs d’État, ministres et responsables d’agences de développement.
Pour le monde arabe et africain, la rencontre de Doha résonne comme un rappel de la nécessité d’une solidarité Sud-Sud et d’une meilleure intégration des priorités sociales dans les politiques de croissance. Alors que la région fait face à de fortes inégalités et à la pression démographique, cette relance du multilatéralisme social pourrait offrir une nouvelle feuille de route pour le développement inclusif.