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Maroc–Espagne : une alliance de sécurité fondée sur la confiance et la modernité partagée

12 novembre 2025 - 15:52

La coopération sécuritaire entre le Maroc et l’Espagne a franchi un nouveau cap. La remise à Madrid de la Grande-Croix de l’Ordre du Mérite de la Garde civile au directeur général de la DGSN-DGST, Abdellatif Hammouchi, incarne bien plus qu’un geste protocolaire : elle traduit la reconnaissance officielle par un État européen du rôle stratégique du Maroc dans la stabilité de la Méditerranée occidentale.

Le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a personnellement présidé la cérémonie, saluant les « efforts exceptionnels » du responsable marocain et qualifiant les services de sécurité du Royaume de « référence internationale ». Ce ton, inhabituellement direct, témoigne du degré de confiance atteint entre les deux pays. Derrière la symbolique, c’est une architecture sécuritaire partagée qui se consolide, fondée sur la coordination des renseignements, la lutte conjointe contre le terrorisme et les réseaux criminels, et la préparation de défis futurs comme la Coupe du monde 2030.

Le partenariat maroco-espagnol ne s’est pas bâti sur une simple proximité géographique. Il repose sur une convergence d’intérêts et une méthode : coopération, professionnalisme, confiance mutuelle. Ces trois éléments ont permis aux deux pays d’établir un dialogue opérationnel constant, soutenu par des canaux institutionnels solides et des échanges d’informations sensibles. Les opérations conjointes menées au cours des dernières années — qu’il s’agisse de la neutralisation de cellules terroristes ou du démantèlement de réseaux de trafic d’êtres humains — illustrent la maturité d’une alliance qui va bien au-delà de la circonstance.

En honorant Abdellatif Hammouchi, Madrid salue également un modèle marocain de modernisation sécuritaire. À la tête de la Direction générale de la Sûreté nationale et de la Surveillance du territoire, Hammouchi a instauré une culture de rigueur et de transparence, intégrant la technologie, la formation et le respect du droit dans le cœur du dispositif sécuritaire. Cette approche, qui combine fermeté et légalité, a valu au Maroc une reconnaissance croissante de la part de ses partenaires européens, qui voient en lui un acteur de stabilité et un relais fiable dans un environnement régional complexe.

Pour l’Espagne, ce rapprochement est stratégique. La coopération sécuritaire avec le Maroc constitue aujourd’hui le socle d’une politique méditerranéenne fondée sur la coresponsabilité. Dans un contexte marqué par la recrudescence des menaces transnationales — terrorisme, cybercriminalité, flux migratoires irréguliers — la relation bilatérale devient un atout de sécurité collective. Les deux royaumes se perçoivent désormais comme des co-acteurs d’un même espace de stabilité, où la confiance remplace la méfiance, et la coordination l’improvisation.

La distinction décernée à Hammouchi s’inscrit dans une continuité de reconnaissance internationale : décoré en France, honoré par les instances arabes, il incarne cette diplomatie sécuritaire marocaine faite de discrétion et d’efficacité. Loin des projecteurs politiques, son action traduit un principe de plus en plus visible dans la doctrine marocaine : la sécurité n’est pas une sphère fermée, mais un instrument de coopération internationale et de développement partagé.

Cette cérémonie madrilène, hautement symbolique, illustre donc un changement d’époque. Les relations maroco-espagnoles ne se définissent plus seulement par la gestion des crises, mais par la construction d’une alliance structurelle. La Grande-Croix espagnole, plus qu’une décoration, est une reconnaissance : celle d’une relation équilibrée où le Maroc n’est plus le partenaire périphérique, mais un pilier central de la sécurité euro-méditerranéenne.

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