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Pêche et diplomatie : l’UE réoriente sa position après la résolution 2797

13 novembre 2025 - 16:34

Costas Kadis, commissaire européen à la Pêche et aux Océans

La Commission européenne prépare un mandat destiné à rouvrir des négociations halieutiques avec le Maroc. L’initiative intervient dans un contexte marqué par la résolution 2797 du Conseil de sécurité, qui renforce le statut politique du plan d’autonomie proposé par Rabat.

L’intervention de Costas Kadis devant le Parlement espagnol signale une évolution claire dans l’approche de Bruxelles. La Commission souhaite remettre en marche un processus interrompu à la suite de l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne, lequel s’appuyait sur une incertitude juridique concernant le Sahara. La résolution 2797 modifie ce cadre de référence et influe directement sur la stratégie européenne.

L’adoption de ce texte au Conseil de sécurité ne règle pas le conflit, mais elle instaure un environnement politique plus lisible. Le plan d’autonomie y apparaît comme une option considérée sérieusement par la communauté internationale, ce qui offre à l’UE une base actualisée pour reconfigurer sa propre position. Bruxelles semble ajuster sa démarche en fonction de cette évolution plutôt qu’en réaction à une pression sectorielle.

Un observateur critique pourrait soutenir que l’UE répond avant tout à ses propres intérêts économiques et cherche à retrouver l’accès aux eaux atlantiques marocaines. Cette hypothèse demeure pertinente, mais elle ne suffit pas à expliquer le calendrier. Si l’urgence était strictement économique, les discussions auraient été engagées bien plus tôt. Le rapprochement intervient au moment où l’ONU clarifie l’architecture politique du dossier, ce qui suggère un lien direct entre les deux séquences.

L’analyse requiert aussi une lecture juridique :

  • L’arrêt de la CJUE pointait un vide sur le statut du Sahara.

  • La résolution 2797 peut être intégrée comme élément stabilisateur dans le raisonnement européen, sans que Bruxelles ne s’écarte de ses principes.

Sur le plan diplomatique, la relance d’un accord halieutique répond également à une logique plus large. Le Maroc occupe une position déterminante dans la façade atlantique et dans la sécurité méditerranéenne, ce qui renforce l’intérêt de l’UE pour un cadre coopératif durable. Cette dynamique influence aussi l’équilibre régional et réduit la marge d’action des acteurs hostiles au plan d’autonomie.

Plusieurs points restent toutefois ouverts : la portée du futur mandat, les attentes marocaines en matière de retombées économiques locales et la capacité des États membres à s’accorder sur une ligne commune. Ces éléments détermineront la solidité du futur accord.

En réactivant le dossier halieutique dans le sillage de la résolution 2797, l’Union européenne adapte son action à un environnement diplomatique actualisé, où les considérations politiques et maritimes avancent désormais de manière étroitement liée.

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