La Défense nationale annonce dix autorisations pour des projets industriels liés aux secteurs de défense, pour un montant de 260 millions de dollars. Cinq autres dossiers sont encore en examen, signe d’une dynamique soutenue depuis le lancement de la stratégie visant à structurer une base industrielle de défense nationale.
Devant la Commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, le ministre délégué chargé de l’Administration de la Défense nationale, Abdellatif Loudiyi, a présenté les avancées enregistrées depuis l’ouverture du chantier stratégique consacré au décollage industriel dans le domaine de la défense. La série d’autorisations délivrées touche des activités variées, allant de la fabrication à la maintenance, en passant par des technologies duales orientées exportation.
Loudiyi a précisé que cinq projets supplémentaires sont en cours d’étude ou en phase d’achèvement des procédures. Cette dynamique s’inscrit dans une logique d’adaptation aux besoins des Forces armées et dans la volonté d’installer des capacités opérationnelles plus avancées. Le ministre souligne une approche intégrée qui articule ces besoins avec la possibilité de réserver une partie de la production au marché international, afin de renforcer la viabilité économique de l’écosystème.
La stratégie industrielle repose également sur le cadre réglementaire mis en place ces dernières années. Loudiyi est revenu sur le décret du 20 juin 2024 portant création de deux zones d’accélération industrielle dédiées à la défense. Les travaux d’aménagement ont été lancés pour permettre l’accueil des premiers investisseurs avant fin 2026. Ces zones offriront un environnement fiscal et douanier favorable, ainsi qu’une infrastructure pensée pour soutenir des activités de haute technologie.
Le ministre a rappelé les orientations nationales visant à installer une industrie de défense moderne. Le Maroc a activé un ensemble de mécanismes juridiques et organisationnels destinés à attirer les investisseurs et à accroître la compétitivité du secteur. Parmi les mesures évoquées figurent l’extension des exemptions fiscales temporaires, l’élargissement des avantages liés à la TVA pour les sociétés de services licenciées, et l’intégration des activités de défense dans les avantages du nouveau Pacte d’investissement.
La présentation a également mis en avant le mécanisme de compensation industrielle introduit par le décret du 8 mars 2023 relatif aux marchés publics. Ce dispositif incite les entreprises contractant avec l’Administration de la Défense à engager des investissements significatifs au Maroc, à créer des partenariats durables et à contribuer au transfert de technologies dans la perspective d’un renforcement progressif de l’autonomie industrielle.
Loudiyi a insisté sur l’importance des partenariats internationaux, soulignant que des accords, mémorandums et conventions d’investissement ont été signés ces dernières années avec plusieurs acteurs majeurs, qu’ils soient établis ou émergents. L’objectif est de favoriser la montée en compétence locale, de partager l’expertise et d’inscrire le pays dans des chaînes industrielles globales où la défense joue un rôle stratégique.
Cette accélération reflète une ambition double. D’une part, construire progressivement une capacité de production nationale capable d’assurer des besoins opérationnels en constante évolution. D’autre part, inscrire cette industrie dans une logique d’ouverture maîtrisée, où la coopération internationale devient un levier pour accéder aux technologies avancées et attirer les investisseurs de référence.