Le tissu productif évolue dans un environnement financier perçu comme maîtrisé, même si certains secteurs signalent encore des tensions.
Selon les données publiées par Bank Al-Maghrib pour le troisième trimestre 2025, une large majorité d’entreprises industrielles évaluent l’accès au crédit bancaire comme « ordinaire ». Cette appréciation atteint 87 % pour l’ensemble du secteur, tandis que 11 % des entreprises expriment des difficultés. Le tableau varie selon les branches. L’agroalimentaire affiche les niveaux les plus favorables avec 94 % d’entreprises satisfaites. La mécanique et la métallurgie se situent à 87 %, la chimie et parachimie à 82 % et le textile-cuir à 67 %, un résultat qui interroge sur la fragilité persistante de ce segment.
Les coûts du crédit restent globalement stables pour la majorité des industriels. Une exception apparaît dans le textile-cuir, où une partie des entreprises évoque une hausse des charges financières. Les dépenses d’investissement suivent une trajectoire mesurée : progression dans l’agroalimentaire, repli dans la chimie et le textile, stabilité dans la mécanique et la métallurgie. Les entreprises financent ces investissements à travers leurs fonds propres dans 74 % des cas, le recours au crédit représentant 26 %.
Les anticipations pour les trois prochains mois reflètent un état d’esprit prudent. Près de 58 % des industriels envisagent une stabilité des dépenses d’investissement, alors que 26 % prévoient une hausse. Les attentes évoluent selon les branches : tendances haussières pour la majorité des secteurs, contre-tendance dans la chimie et la parachimie où les prévisions indiquent une contraction.
Ces résultats décrivent une économie industrielle qui avance avec pragmatisme, soutenue par un accès relativement fluide au financement et par une capacité d’investissement encore solide. La photographie présentée par Bank Al-Maghrib met en lumière un climat d’affaires dominé par la continuité, même si certains secteurs appellent une vigilance particulière.