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Le Maroc mise sur les oasis et les montagnes : un nouveau souffle touristique pour le Sud

18 novembre 2025 - 08:37

Les annonces de Fatima Zahra Ammor au Parlement confirment une réorientation assumée : faire des oasis, des montagnes et des sites naturels sensibles un pilier durable de l’économie touristique nationale.

Lors de la séance des questions orales, la ministre du Tourisme a présenté une série de programmes qui révèlent la montée en puissance d’un segment longtemps considéré comme secondaire : la santé, les oasis et le tourisme de montagne. Selon elle, ce modèle séduit autant les visiteurs internationaux que les voyageurs marocains, tout en offrant une source de revenu essentielle aux populations locales.

Au cœur de cette stratégie se trouve la feuille de route nationale du tourisme, qui consacre un ensemble d’actions destinées aux régions oasiennes. La ministre a mis en avant une convention majeure portant sur 1,4 milliard de dirhams au profit de la région Drâa–Tafilalet. Cet investissement couvre plusieurs volets complémentaires : création d’écoles thématiques, aménagement de circuits et de produits touristiques intégrés, valorisation des ksour et kasbahs, mise en avant des jardins oasiens et des sites géologiques, et développement d’activités sportives ou de plein air.

La dynamique touche également les filières agricoles à forte valeur patrimoniale, notamment les stations de dattes de variété Majhoul, considérées comme un élément identitaire de la région. L’objectif est d’intégrer ces espaces dans des parcours touristiques qui racontent les modes de vie oasiens, tout en créant des opportunités économiques pour les habitants.

La ministre a également détaillé un volet dédié à Ouarzazate, décrit comme un pôle culturel et touristique en devenir. Un programme de 820 millions de dirhams vise à renforcer la capacité d’hébergement, à diversifier les offres culturelles et à améliorer la connectivité aérienne de la ville avec plusieurs destinations internationales. L’ambition est claire : consolider un territoire connu pour ses studios de cinéma en une destination durable, capable d’attirer autant par son patrimoine que par ses paysages.

L’un des points marquants de son intervention concerne le projet de valorisation des gorges de Todgha, site emblématique du tourisme de montagne. Un budget de 20,5 millions de dirhams, soit l’équivalent de deux milliards de centimes, a été mobilisé pour réhabiliter ce parcours naturel et renforcer son attractivité. L’enjeu porte autant sur la sécurisation du site que sur son intégration dans une offre cohérente de tourisme durable.

Enfin, la question du désenclavement aérien demeure centrale. La ministre a rappelé le lancement des lignes Ouarzazate–Barcelone et Errachidia–Paris, ainsi que plusieurs connexions domestiques. Les aéroports de Drâa–Tafilalet ont enregistré 200 000 passagers durant les dix premiers mois de 2025, soit une progression de 8 %, illustrant un regain d’intérêt pour la région.

Cet ensemble de mesures dessine une stratégie où la nature, les savoir-faire locaux et le patrimoine deviennent des outils de développement. Le Sud marocain se repositionne ainsi comme un espace capable de conjuguer authenticité, durabilité et attractivité.

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