Les déclarations de Ryad Mezzour au Parlement révèlent une évolution profonde : la structure industrielle nationale bascule progressivement vers les technologies avancées et les chaînes de valeur à haute intensité d’innovation.
Lors de la séance des questions orales à la Chambre des représentants, le ministre de l’Industrie et du Commerce a présenté une donnée clé : en 2024, plus de 50 % du chiffre d’affaires industriel marocain provient des industries avancées et des secteurs intermédiaires à forte valeur technologique. Autrement dit, la mutation industrielle attendue pour 2035 dans le cadre du nouveau modèle de développement a été atteinte avec onze années d’avance.
Cette information traduit un repositionnement structurel de l’économie nationale. Le Maroc ne se contente plus d’attirer des investissements industriels classiques ; il cherche à ancrer des filières capables de produire de l’innovation, de la complexité technologique et des activités à rendement élevé. Pour le ministre, cette dynamique s’explique par une stratégie combinant stabilité institutionnelle, montée en compétence des travailleurs et amélioration continue du climat d’investissement.
Ryad Mezzour a également rappelé que l’attractivité du Maroc repose sur l’introduction de technologies avancées dans les investissements industriels, permise notamment par le Nouveau Pacte d’Investissement. L’usage de ces technologies accroît directement la valeur ajoutée et permet aux investisseurs – marocains comme étrangers – de se projeter dans des chaînes de production plus compétitives.
Le ministre a souligné le rôle d’un écosystème intégré de soutien et d’innovation, conçu pour accompagner les industriels. Ce dispositif englobe la recherche appliquée, le développement technologique et l’appui à la montée en gamme. Ses effets se reflètent dans les classements internationaux : le Maroc occupe désormais la 57e place mondiale dans l’Indice global de l’innovation, et la deuxième position en Afrique. Ce résultat traduit une consolidation progressive des capacités nationales dans les domaines technologiques émergents.
Le débat parlementaire a également porté sur la question des zones industrielles. Mezzour a indiqué que le foncier industriel équipé atteint aujourd’hui 14 500 hectares, contre 10 000 au début de l’actuelle législature. L’objectif est clair : permettre à chaque province de disposer d’espaces industriels aménagés, adaptés à la demande des investisseurs. Certaines zones nécessitent une réhabilitation ou une extension, et le ministère affirme sa disponibilité à accompagner les collectivités territoriales dans ces projets.
L’ensemble de ces éléments confirme une trajectoire industrielle fondée sur la montée en technologie, l’amélioration des infrastructures et le renforcement de l’innovation. Le Maroc semble ainsi consolider un modèle où l’industrie ne repose plus seulement sur les coûts, mais sur la qualité, la complexité et la capacité à intégrer des chaînes de valeur globales.