Le chef de la diplomatie ghanéenne, Samuel Okudzeto Ablakwa, a exprimé jeudi à Rabat un soutien clair à la résolution 2797 du Conseil de sécurité, adoptée le 31 octobre 2025. Cette prise de position intervient en marge de la Conférence sur la démobilisation, le désarmement et la réintégration des enfants soldats, organisée dans la capitale marocaine les 20 et 21 novembre, où il s’est entretenu avec Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger.
L’appui affiché par Accra marque un moment intéressant dans la géopolitique ouest-africaine. Une première hypothèse implicite — celle d’un consensus africain en construction autour de la question du Sahara marocain — mérite prudence : plusieurs États du continent conservent des positions divergentes, et l’optimisme diplomatique masque parfois la complexité réelle des équilibres régionaux. En valorisant le « leadership » du Conseil de sécurité, Samuel Okudzeto Ablakwa semble toutefois signaler une volonté de repositionner le Ghana dans une lecture plus institutionnelle et moins idéologique du dossier.
Un lecteur sceptique pourrait rappeler que les résolutions onusiennes n’ont d’impact durable que lorsqu’elles se traduisent en dynamiques politiques concrètes. Le ministre ghanéen souligne la présence de « paramètres clairs » et d’un « calendrier précis », mais ces notions restent ouvertes. Leur interprétation dépendra des rapports de force, du suivi diplomatique et de la capacité de chaque acteur à maintenir la stabilité régionale.
L’entretien de Rabat révèle malgré tout une convergence, celle que l’Afrique de l’Ouest, confrontée à ses propres défis sécuritaires, regarde désormais la question du Sahara marocain sous l’angle de la stabilité continentale. Cette évolution ne garantit pas un alignement généralisé, mais elle offre une fenêtre d’analyse. Dans un contexte fracturé, certains États cherchent à privilégier des solutions encadrées par le droit international et une diplomatie pragmatique.