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Amine Tehraoui place la santé publique au cœur de la lutte contre le VIH

01 décembre 2025 - 17:15

Le ministre de la Santé et de la protection sociale, Amine Tehraoui, a ouvert la Journée mondiale de lutte contre le sida à Rabat par un message clair. La politique marocaine contre le VIH se situe désormais sur le terrain de l’action publique durable et vérifiable. Les discours généraux ont cédé la place à des chiffres qui traduisent une trajectoire.

En dix ans, les nouvelles contaminations ont reculé de plus de vingt pour cent et la mortalité a été divisée par deux. Dans l’espace régional, peu de pays peuvent afficher une dynamique comparable. Cette évolution repose sur une orientation que les autorités ont assumée malgré les réticences initiales. La réduction des risques est devenue un pilier de la stratégie nationale.

Le recours à la méthadone dans le cadre public a constitué un tournant. Ce choix a consolidé le suivi médical de populations précaires et limité les transmissions liées à l’usage de drogues injectables. Les données diffusées à Rabat montrent une amélioration constante de l’adhésion aux traitements et un recul net des contaminations dans les groupes les plus exposés. La politique sanitaire s’est imposée sur les réflexes idéologiques.

Cette approche traduit une mutation institutionnelle plus large. La santé est traitée comme un droit effectif et non comme une simple prestation médicale. La lutte contre le VIH ne se limite plus à la prévention clinique, mais englobe l’accès égal aux soins, le respect de la confidentialité et la protection contre les discriminations. Les cadres juridiques et administratifs se recentrent progressivement sur la personne.

Les progrès observés sont concrets. Huit personnes séropositives sur dix connaissent aujourd’hui leur statut alors qu’elles n’étaient qu’une sur deux il y a une décennie. La couverture préventive dépasse désormais quatre-vingts pour cent au sein des populations les plus exposées. La prévalence du virus diminue de façon continue. Le système gagne en cohérence.

Cette évolution pose toutefois des enjeux de long terme. Le financement constitue un premier défi. Le dispositif doit rester stable dans un environnement budgétaire de plus en plus contraint. Un second enjeu concerne l’équité territoriale. Les performances nationales peuvent masquer des écarts persistants entre régions urbaines et zones périphériques.

L’appui international accompagne cet effort, mais la gouvernance demeure marocaine. Les stratégies relèvent de décisions nationales, les priorités sont déterminées localement et les résultats sont évalués selon des critères propres. Cette autonomie renforce la crédibilité du dispositif.

La Journée mondiale du sida au Maroc a changé de nature. Elle s’apparente de plus en plus à un exercice de responsabilité publique. Les autorités y exposent des résultats, présentent des outils et fixent des objectifs vérifiables. L’approche se veut rationnelle plutôt que commémorative.

Dans les politiques sanitaires, le succès se mesure souvent par ce qui cesse d’être visible. Quand la maladie recule, quand les campagnes perdent leur caractère d’urgence et que les soins deviennent ordinaires, l’efficacité s’impose. C’est à cette aune que la stratégie marocaine contre le VIH doit être appréciée.

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