Les autorités béninoises affirment avoir mis en échec une tentative de renversement du président Patrice Talon. L’incident intervient à quelques mois d’une élection présidentielle clé dans un pays souvent présenté comme l’un des pôles de stabilité démocratique d’Afrique de l’Ouest.
Le gouvernement béninois a annoncé l’arrestation de douze militaires impliqués, selon les autorités, dans une tentative de coup d’État survenue tôt dimanche matin. Des sources sécuritaires citées par l’AFP affirment que parmi les personnes interpellées figurent des membres du groupe qui était apparu à la télévision nationale pour déclarer la destitution du chef de l’État.
Les faits se déroulent dans un contexte politique sensible. Le Bénin doit organiser en avril prochain une présidentielle à l’issue de laquelle Patrice Talon doit transmettre le pouvoir après deux mandats, conformément à la Constitution. Le pays a enregistré ces dernières années une croissance solide, même si les régions du nord demeurent confrontées à des attaques menées par des groupes armés actifs dans le Sahel.
À Cotonou, la journée de dimanche a été marquée par un climat de vigilance. Des tirs ont été entendus près de la présidence, tandis que des militaires bloquaient plusieurs axes stratégiques. Dans d’autres quartiers, la vie quotidienne suivait son cours, signe que la tentative n’a pas entraîné un basculement général.
Dans la matinée, huit militaires en uniforme étaient apparus à l’antenne du service public, annonçant la création d’une « commission militaire pour la refondation » et déclarant la destitution du président Talon. Le groupe a justifié son action par la situation sécuritaire dans le nord du pays, les conditions des soldats déployés sur le terrain et des revendications sociales.
Quelques heures plus tard, le ministre de l’Intérieur, Alassane Seïdou, est intervenu à la télévision pour confirmer l’échec de la tentative. Il a salué la réaction de l’armée régulière, présentée comme un pilier du maintien de l’ordre constitutionnel. Des témoins ont fait état de nouveaux coups de feu dans la capitale au moment de cette déclaration.
Un proche du président a assuré à l’AFP que Patrice Talon était indemne et que les forces loyalistes avaient repris le contrôle des points sensibles de Cotonou, notamment la présidence et le siège de la télévision publique. Selon un officier cité par l’agence, les mutins ne détenaient aucun site institutionnel majeur et la situation se dirigeait vers un retour progressif au calme.
L’Union africaine et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest ont condamné la tentative, rappelant leur rejet de tout changement de pouvoir par la force et appelant les militaires impliqués à regagner leurs positions.
L’épisode s’inscrit dans une histoire politique marquée, au Bénin, par plusieurs coups d’État depuis l’indépendance, même si le pays s’était forgé une réputation de stabilité démocratique depuis les années 1990. Patrice Talon, au pouvoir depuis 2016, a été critiqué par une partie de l’opposition pour un style de gouvernance jugé centralisateur, malgré les résultats économiques enregistrés sous ses mandats.