La ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah, a mis en avant, devant la Chambre des conseillers, le modèle de Tanger Med comme démonstration concrète de la complémentarité entre investissement public et investissement privé. Selon elle, l’expérience du grand complexe portuaire du nord du pays montre qu’il n’existe aucune opposition structurelle entre les deux, mais un effet de levier mesurable lorsque l’investissement public est orienté vers des projets structurants.
L’État a consacré 42 milliards de dirhams d’investissement public au développement de Tanger Med. À fin 2024, cet effort a permis d’attirer 84 milliards de dirhams d’investissements privés et de créer environ 130 000 emplois, directs et indirects. Pour la ministre, ces chiffres traduisent un rendement économique et social tangible, confirmant que l’investissement public, lorsqu’il cible les infrastructures stratégiques, agit comme catalyseur de valeur.
Au-delà des montants, Tanger Med illustre une logique d’écosystème : infrastructures portuaires et logistiques de haut niveau, zones industrielles intégrées, connectivité maritime mondiale et ancrage dans des chaînes de valeur industrielles à forte intensité d’exportation. Cette combinaison a favorisé l’implantation d’acteurs internationaux dans l’automobile, l’aéronautique, la logistique et l’agro-industrie, tout en renforçant l’attractivité du territoire.
La ministre a rappelé que le rôle central de l’État consiste à préparer les conditions de l’investissement privé : infrastructures performantes, capital humain qualifié, fluidité administrative et efficacité économique. Cette approche vise à sécuriser la confiance des investisseurs et à soutenir une croissance durable. Dans cette perspective, Nador West Med s’inscrit dans la même trajectoire, avec l’ambition de créer de nouveaux pôles de développement et de diversifier la géographie de l’investissement.
Sur le climat des affaires, Nadia Fettah a également souligné qu’un rapport récent de la Banque mondiale classe le Maroc deuxième en Afrique et deuxième dans le monde arabe pour l’attractivité de son environnement d’investissement privé. Ce positionnement reflète, selon elle, les réformes engagées pour simplifier les procédures, améliorer la gouvernance et renforcer la sécurité juridique.
À travers Tanger Med, le Maroc défend ainsi un modèle où l’investissement public joue un rôle d’amorce, capable de démultiplier l’investissement privé, l’emploi et la compétitivité, tout en ancrant le pays dans les flux du commerce mondial.