L’Association des barreaux du Maroc a annoncé un durcissement majeur de son mouvement de protestation, avec une cessation générale de l’activité professionnelle prévue le mardi 6 janvier 2026. Les avocats dénoncent la version finale du projet de loi encadrant la profession, qu’ils jugent attentatoire à l’indépendance du barreau, et tiennent le ministère de la Justice pour responsable de l’échec du dialogue.
Le Bureau de l’Association des barreaux du Maroc a décidé d’engager un programme de mobilisation progressive, dont la première étape sera un arrêt total de la prestation des services juridiques à l’échelle nationale. Cette décision fait suite à une réunion tenue samedi, consacrée à l’évaluation des conclusions du conseil extraordinaire de l’association, réuni récemment à Marrakech.
Dans un communiqué, le Bureau a salué l’esprit d’unité et de responsabilité qui a marqué les travaux de ce conseil, tout en soulignant la diversité des positions exprimées par les membres. Il a toutefois exprimé sa vive inquiétude face à ce qu’il qualifie de rupture de la démarche participative initialement convenue avec le Ministère de la Justice, notamment après une tentative de médiation parlementaire restée sans suite concrète.
Les avocats reprochent au ministère d’avoir ignoré les résultats des séances de concertation ainsi que les mémorandums et observations formellement transmis par la profession. Un comportement jugé « grave », dans la mesure où il remettrait en cause les bases mêmes du dialogue institutionnel autour d’un texte structurant pour l’avenir du barreau.
L’Association a annoncé son rejet catégorique de la version finale du projet de loi actuellement soumis au gouvernement. Elle appelle à son retrait pur et simple, estimant qu’aucune nouvelle présentation ne devrait intervenir sans une prise en compte réelle et substantielle de l’avis de l’organisation professionnelle représentative des avocats.
Selon le communiqué, la profession ne se considère pas liée par un cadre juridique qui ne respecterait pas les principes fondamentaux de l’avocature, sa spécificité en tant que métier de défense des droits et des libertés, ni son rôle dans la garantie du droit à la défense et d’un procès équitable. Les avocats estiment qu’un tel texte affaiblirait durablement la profession et, par ricochet, l’État de droit.
Le Bureau a enfin annoncé la tenue prochaine d’une conférence de presse destinée à clarifier les circonstances ayant conduit à cette escalade. Il a appelé l’ensemble des avocats à une mobilisation totale et à s’engager dans les prochaines formes de lutte qui seront annoncées, tout en imputant au ministère de la Justice l’entière responsabilité de la crise actuelle.