Lors de la séance des questions orales à la Chambre des représentants, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, a mis en lumière un paradoxe structurel de l’industrie automobile marocaine : des coûts logistiques si élevés qu’ils peuvent, dans certains cas, dépasser le coût même de fabrication d’un véhicule.
Intervenant devant les députés, le ministre a d’abord tenu à relativiser la question du coût de l’énergie, souvent présentée comme un frein majeur à la compétitivité industrielle. Selon lui, l’énergie au Maroc demeure largement compétitive à l’échelle internationale. Sans prétendre rivaliser avec les pays producteurs de pétrole, elle resterait de deux fois et demie à trois fois moins chère qu’en Europe, un avantage non négligeable pour l’industrie nationale.
Pour Ryad Mezzour, le véritable levier de réduction des coûts de production ne se situe donc pas dans l’énergie, mais dans d’autres composantes structurelles qui pèsent lourdement sur la compétitivité des entreprises marocaines. À ce titre, le ministre a pointé du doigt le secteur de la logistique, qu’il a qualifié de priorité absolue pour l’action publique.
Les coûts actuels de la chaîne logistique ont été jugés « déraisonnables » par le ministre, qui a révélé qu’acheminer une voiture au Maroc peut parfois coûter plus cher que sa fabrication elle-même. Une situation qu’il considère comme un dysfonctionnement majeur, pénalisant à la fois les industriels locaux et l’attractivité du pays pour les investisseurs étrangers.
Ce déséquilibre constitue, selon Mezzour, un défi stratégique pour l’industrie nationale, en particulier pour un secteur automobile qui représente l’un des piliers de l’exportation et de l’industrialisation du Maroc. Il a assuré que le gouvernement est pleinement engagé à corriger cette situation, notamment par une réforme en profondeur des chaînes logistiques, afin d’améliorer l’efficacité des circuits d’approvisionnement et de production.
Dans un contexte de concurrence internationale accrue, le ministre a rappelé que la compétitivité industrielle ne se joue plus uniquement sur les coûts salariaux ou énergétiques, mais sur la capacité d’un pays à offrir des infrastructures logistiques performantes, fiables et maîtrisées, condition indispensable pour consolider la place du Maroc dans les chaînes de valeur mondiales.