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Régionalisation avancée : lancement dès février d’un programme prioritaire de mise en œuvre

09 janvier 2026 - 10:34

Le ministère de l’Intérieur a validé une feuille de route opérationnelle destinée à accélérer la mise en œuvre de la régionalisation avancée. À partir de février 2026, un programme prioritaire articulé autour de 97 mécanismes doit entrer en phase d’exécution, avec pour objectif de consolider l’investissement productif, les infrastructures, la gestion des ressources et la cohésion territoriale.

Réuni au siège du ministère de l’Intérieur, le comité de suivi chargé du déploiement de la régionalisation avancée a franchi une nouvelle étape dans la structuration de ce chantier institutionnel. Cette réunion périodique, inscrite dans un processus consultatif continu, a permis d’acter une feuille de route comprenant 97 mécanismes opérationnels, dont 35 relèvent d’un programme prioritaire à mettre en œuvre à court et moyen terme dès février 2026.

Ce programme prioritaire s’articule autour de quatre axes stratégiques : le renforcement de l’investissement productif au service de l’emploi, le développement des infrastructures et des services essentiels en milieu urbain et rural, la rationalisation de la gestion des ressources hydriques, énergétiques et environnementales, ainsi que le renforcement de la qualification territoriale intégrée. L’ambition affichée consiste à traduire plus rapidement les principes de la régionalisation dans des politiques publiques tangibles, visibles pour les citoyens et les acteurs économiques.

Le bilan intermédiaire présenté lors de la réunion met en évidence des avancées significatives. Les douze régions du pays disposent désormais de leurs schémas régionaux d’aménagement du territoire et de leurs programmes de développement régionaux. Sur le plan financier, les transferts budgétaires au profit des régions ont atteint en 2025 un taux d’exécution de 100 %, un niveau inédit qui témoigne d’un effort réel de consolidation des capacités territoriales. Ces indicateurs traduisent une montée en puissance progressive des collectivités régionales dans la gestion de leurs priorités de développement.

Ce tableau positif n’efface toutefois pas plusieurs défis structurels. Parmi les principales contraintes identifiées figurent l’activation effective de la charte de la déconcentration administrative, la clarification et l’opérationnalisation des compétences régionales, ainsi que la question du financement durable de la régionalisation avancée. Ces leviers conditionnent la capacité des régions à exercer pleinement leur rôle de moteur de développement et de coordination territoriale.

La nouvelle feuille de route s’inscrit directement dans les orientations stratégiques formulées lors des Assises nationales de la régionalisation avancée tenues à Tanger en décembre 2024. Le message adressé à cette occasion appelait à l’élaboration d’un cadre clair, partagé et opérationnel, permettant de structurer une nouvelle phase de déploiement fondée sur des priorités cohérentes et mesurables. L’objectif affiché est d’éviter la dispersion des initiatives et de concentrer les efforts sur des projets à fort impact socio-économique.

La feuille de route intègre également les conclusions des accords signés en marge de ces Assises, ainsi que les recommandations générales et sectorielles formulées par les différents acteurs institutionnels et territoriaux. Elle a été ajustée pour tenir compte des priorités fixées dans le discours du Trône de 2025, qui insistait sur la nécessité d’adopter une nouvelle génération de programmes de développement territorial, plus intégrés, plus efficaces et mieux articulés aux dynamiques économiques locales.

Au-delà de la dimension administrative, ce calendrier de mise en œuvre traduit une volonté politique de passer d’une logique de structuration institutionnelle à une phase d’impact concret sur l’investissement, l’emploi, les services publics et la cohésion territoriale. Le démarrage opérationnel prévu en février 2026 constitue un test de crédibilité pour l’ensemble des acteurs concernés, appelés à démontrer leur capacité à coordonner, financer et piloter des politiques territoriales ambitieuses dans un environnement économique et social en mutation.

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