L’Association des barreaux du Maroc a décidé d’engager une série d’actions nationales pour protester contre la validation gouvernementale du projet de loi relatif à la profession d’avocat. Le texte est jugé contraire à l’esprit de concertation et porteur de risques pour l’indépendance de la profession.
Le Bureau de l’Association des barreaux du Maroc s’est réuni le 9 janvier 2026 à Rabat en session ouverte afin d’examiner les suites à donner à la décision du gouvernement d’adopter le projet de loi encadrant la profession d’avocat. Selon le communiqué diffusé à l’issue de cette réunion, la démarche gouvernementale est perçue comme un passage en force, rompant avec le processus de dialogue et de concertation qui avait été engagé sous l’égide des départements concernés et après une médiation parlementaire.
Les responsables de l’Association estiment que l’adoption du texte dans sa forme actuelle ignore les observations formulées par les instances professionnelles et ne prend pas suffisamment en compte les équilibres institutionnels nécessaires à la préservation de l’indépendance de la défense, pilier fondamental de l’État de droit.
Après avoir consulté les différents barreaux et recueilli les positions des avocats et des avocates à l’échelle nationale, le Bureau a annoncé un calendrier de mobilisation progressive. Une conférence nationale sur la réforme de la profession sera organisée le 15 janvier 2026 à Rabat, afin de clarifier les enjeux juridiques et institutionnels du projet.
Parallèlement, l’Association appelle à un arrêt total et simultané des prestations professionnelles lors de plusieurs journées :
– Jeudi 15 et vendredi 16 janvier 2026 ;
– Mardi 20 et mercredi 21 janvier 2026 ;
– Mercredi 28 et jeudi 29 janvier 2026.
Une marche nationale est également annoncée. Sa date et son lieu seront communiqués ultérieurement. Le Bureau précise enfin que d’autres formes de mobilisation pourront être décidées, y compris un arrêt prolongé de l’activité professionnelle, en fonction de l’évolution du dialogue avec les autorités.
Au-delà du bras de fer juridique, cette séquence révèle une tension plus large autour de la gouvernance des professions réglementées et du respect des mécanismes de concertation dans l’élaboration des réformes structurelles. Le dossier pourrait rapidement prendre une dimension politique et institutionnelle, tant il touche à l’équilibre entre pouvoir exécutif, représentation professionnelle et garanties de l’indépendance judiciaire.