Le ministère jordanien des Affaires étrangères a confirmé ce dimanche que le roi Abdallah II a été officiellement invité par le président américain Donald Trump à intégrer la future « Junte de paix » chargée de superviser la transition politique et administrative de la bande de Gaza.
Selon l’agence officielle Petra, Amman a reçu les documents relatifs à cette invitation et les examine actuellement dans le cadre des procédures institutionnelles internes. Aucune décision formelle n’a encore été annoncée, mais la Jordanie a tenu à souligner le caractère sérieux de la démarche américaine.
Le porte-parole de la diplomatie jordanienne, Fouad Majali, a déclaré que le pays « apprécie les efforts du président Trump pour parvenir à un cessez-le-feu durable à Gaza et pour lancer un plan de paix global visant la sécurité, la stabilité et la paix dans la région ». Cette formulation prudente reflète une volonté de dialogue, tout en laissant ouverte la marge d’évaluation politique.
La « Junte de paix » constitue l’un des piliers du dispositif annoncé par Washington dans le cadre de la deuxième phase de son plan pour Gaza. Elle devrait accompagner la mise en place d’un gouvernement technocratique et superviser les premières étapes de la reconstruction et de la stabilisation institutionnelle du territoire. Parmi les personnalités déjà annoncées figurent l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, le secrétaire d’État américain Marco Rubio, l’émissaire spécial Steve Witkoff et Jared Kushner, proche conseiller du président américain.
Cette architecture de gouvernance traduit une volonté de concentrer la prise de décision autour d’un noyau restreint d’acteurs politiques et économiques, dans une logique de pilotage rapide et centralisé. Elle s’inscrit dans une approche diplomatique privilégiant l’efficacité opérationnelle et les réseaux d’influence, au détriment des cadres multilatéraux classiques.
La participation éventuelle du souverain jordanien revêt une dimension régionale particulière. La Jordanie joue historiquement un rôle stabilisateur dans les équilibres proche-orientaux et conserve une légitimité politique forte sur les dossiers palestiniens. Le roi Abdallah II s’est régulièrement opposé aux projets de déplacement des populations de Gaza et a plaidé pour une solution respectant les droits des Palestiniens et la stabilité régionale.
Son intégration à la Junte pourrait renforcer la crédibilité politique du dispositif auprès de plusieurs capitales arabes, tout en introduisant un contrepoids diplomatique face à une structure largement façonnée par Washington. Elle permettrait également d’ancrer le projet dans une lecture plus régionale des équilibres sécuritaires et humanitaires.
Parallèlement, la Maison Blanche a indiqué que de nouvelles précisions seront communiquées lors du Forum de Davos concernant la composition de la Force internationale de stabilisation, chargée d’assurer la sécurité et la démilitarisation progressive de Gaza sous mandat onusien.
Reste toutefois une interrogation centrale : la capacité réelle de cette architecture institutionnelle à intégrer les dynamiques locales et à produire une stabilité durable. L’équilibre entre pilotage international, légitimité régionale et appropriation politique par les acteurs palestiniens constituera l’un des tests majeurs de cette nouvelle phase diplomatique.