Un récent rapport fait état d’un recul des échanges commerciaux entre les États-Unis et 86 pays au cours de la première année du nouveau mandat présidentiel de Donald Trump, dans un contexte marqué par le retour affirmé de politiques commerciales à caractère protectionniste.
L’analyse repose sur des données douanières américaines exploitées par l’agence russe Novosti. Elle ne s’appuie pas, à ce stade, sur une étude publiée par un centre de recherche indépendant, ce qui invite à une lecture prudente des chiffres, tout en confirmant une tendance largement observée depuis plusieurs mois sur les marchés internationaux.
Les diminutions concernent des partenaires situés dans différentes régions du monde. En Afrique, des reculs significatifs ont été enregistrés avec des pays tels que l’Érythrée, l’Afrique du Sud ou la Tanzanie. En Europe, la contraction des échanges touche notamment le Groenland, Monaco ou encore la Bosnie-Herzégovine. En Asie, les données font apparaître une baisse des flux commerciaux avec la Chine, le Laos et la Mongolie, ainsi qu’avec plusieurs États d’Asie centrale et du Moyen-Orient, parmi lesquels l’Iran et le Yémen.
Dans ce paysage contrasté, le Maroc ne figure pas parmi les 86 pays concernés par ce recul, selon les données disponibles. Cette singularité peut s’expliquer par la relative stabilité des relations commerciales entre Rabat et Washington, encadrées par l’accord de libre-échange en vigueur depuis 2006, qui continue de structurer les flux d’échanges bilatéraux malgré les recompositions du commerce mondial.
Plusieurs analystes relient cette contraction globale à la doctrine économique « America First » remise au premier plan par l’administration Trump. Le renforcement des droits de douane, la révision de certains accords commerciaux et le durcissement des conditions d’accès au marché américain ont contribué à freiner les échanges avec de nombreux partenaires, ravivant les débats sur les effets à moyen terme des politiques protectionnistes sur la croissance et la stabilité des chaînes de valeur internationales.
Pour les économies émergentes et les pays partenaires des États-Unis, cette évolution souligne l’importance de diversifier les marchés d’exportation et de renforcer les capacités de résilience face aux fluctuations géopolitiques et commerciales. Dans le cas du Maroc, la poursuite d’un dialogue économique structuré avec Washington, combinée à une stratégie de diversification vers l’Europe, l’Afrique et l’Asie, constitue un facteur de stabilité dans un environnement international plus incertain.
Au-delà des chiffres ponctuels, cette dynamique illustre un basculement plus large du système commercial mondial vers des logiques de fragmentation, où les arbitrages politiques pèsent de plus en plus directement sur les flux économiques.