Le Bureau de l’Association des barreaux du Maroc a décidé de poursuivre la grève des avocats dans l’ensemble des juridictions jusqu’à nouvel ordre. Le mouvement inclut l’arrêt total des prestations professionnelles, la suspension de l’usage de la plateforme de contentieux à distance ainsi que le refus du paiement électronique des frais judiciaires.
Dans un communiqué publié vendredi, le Bureau annonce également la tenue d’une conférence de presse le mardi 3 février 2026 à 16h00, et appelle à une participation massive au sit-in national prévu le vendredi 6 février 2026.
Parallèlement, l’Association a décidé de saisir le président délégué du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire, ainsi que l’ensemble des responsables judiciaires, afin de prendre les mesures nécessaires à la protection des droits des justiciables et à la préservation des droits de la défense durant cette période de paralysie.
Cette escalade intervient à l’issue d’une réunion ouverte tenue le 31 janvier à Rabat, consacrée à l’examen des évolutions professionnelles et à l’évaluation des démarches de concertation menées par le président de l’Association, accompagné de bâtonniers et de membres du Bureau, avec plusieurs institutions constitutionnelles et partis politiques, de la majorité comme de l’opposition. Le Bureau a par ailleurs constaté le succès de la grève générale annoncée le 17 janvier.
Constatant l’absence de traduction concrète de l’engagement gouvernemental à maintenir le dialogue ouvert, les avocats ont décidé de durcir les formes de protestation contre le projet de loi encadrant la profession. Ils exigent le retrait du texte et la réouverture du débat selon une méthodologie réellement participative, respectueuse des constantes de la profession et de ses acquis, et conforme aux principes fondamentaux du barreau : liberté, indépendance, immunité et autorégulation, en harmonie avec les orientations royales et les standards universels de la défense.
L’Association souligne que sa vision de la réforme dépasse toute considération corporatiste, s’inscrivant dans la défense d’une profession d’avocat à la hauteur des enjeux nationaux, garante des droits des citoyens et de l’équilibre du système judiciaire.