Le Maroc fait face à des mutations démographiques profondes, marquées par l’élargissement rapide de la population âgée et le recul de la tranche des jeunes. Selon Abdeljabbar Rachidi, secrétaire d’État chargé de l’Insertion sociale, le nombre de personnes âgées a atteint environ 5 millions en 2024 et pourrait doubler pour atteindre 10 millions à l’horizon 2050.
Intervenant mardi à la Chambre des conseillers, Rachidi a souligné que le pays est passé d’un modèle de famille élargie, comptant autrefois entre sept et huit membres, à une famille nucléaire de taille réduite. Cette évolution s’accompagne d’une chute marquée du taux de fécondité, passé de plus de 6,5 enfants par femme dans les années 1950-1960 à moins de deux aujourd’hui, avec des répercussions sociales et économiques majeures.
Face à cette transition, le responsable gouvernemental a estimé que le recours massif aux maisons de retraite ou aux centres d’hébergement pour personnes âgées ne correspond ni au modèle social ni aux références culturelles et axiologiques de la société marocaine. Il a mis en avant une politique familiale intégrée, adoptée par le ministère de la Solidarité, de l’Insertion sociale et de la Famille, visant à accompagner les ménages — notamment les plus vulnérables — afin de permettre aux personnes âgées de rester au sein de leur foyer et de leur environnement naturel.
Dans cette logique, un nouveau bouquet de services sociaux a été lancé, dont les clubs de jour pour personnes âgées. Ces structures offrent un accès à des soins de santé primaires, à des activités sportives et culturelles, tout en permettant aux bénéficiaires de passer la journée hors du domicile avant de regagner leur famille le soir, contribuant ainsi au renforcement de la cohésion familiale et de la solidarité intergénérationnelle.
Rachidi a également rappelé le déploiement de la Stratégie nationale pour la promotion du vieillissement actif 2023-2030, soulignant que l’âge de la retraite ne doit pas être perçu comme une fin de parcours, mais comme l’ouverture d’une nouvelle étape durant laquelle les retraités peuvent transmettre leurs compétences et leur expérience aux jeunes générations, dans un cadre bénévole ou conformément à la loi-cadre relative au volontariat indemnisé.
Enfin, le secrétaire d’État a indiqué que son département œuvre, dans le cadre de la loi n°18.45 relative à l’organisation de la profession des travailleurs sociaux, à la structuration des métiers de l’accompagnement des personnes âgées. L’objectif est double : créer des opportunités d’emploi et former des ressources humaines qualifiées capables de fournir des services d’aide sociale aux familles, dans un cadre contractuel clair et réglementé, tout en renforçant les dispositifs de formation et de montée en compétences.