Lors d’une audition du Sénat des États-Unis consacrée à la lutte contre le terrorisme en Afrique du Nord et au Sahel, plusieurs responsables américains ont mis en garde contre les risques sécuritaires liés au Front Polisario, évoquant ses liens présumés avec des réseaux terroristes et des acteurs soutenus par l’Iran.
Au cours de cette séance tenue mardi devant une sous-commission sénatoriale compétente en matière de Moyen-Orient et de contre-terrorisme, le sénateur républicain Ted Cruz a alerté sur ce qu’il a qualifié de menace croissante dans la région sahélo-saharienne, affirmant que le Polisario serait impliqué dans des activités susceptibles de fragiliser la stabilité régionale.
Selon le sénateur, l’Iran chercherait à instrumentaliser le Polisario comme force supplétive, à l’image d’autres groupes opérant par procuration au Moyen-Orient, afin d’exercer des pressions géopolitiques sur les partenaires des États-Unis. Il a évoqué l’utilisation de drones, des transferts d’armes et des coopérations avec des groupes extrémistes actifs dans le Sahel.
Ted Cruz a indiqué avoir préparé un projet de loi visant à classer le Polisario comme organisation terroriste, précisant que cette initiative pourrait être activée si le mouvement ne mettait pas fin à ces pratiques. Il a également rappelé que des éléments du Polisario auraient bénéficié, selon lui, de formations militaires et d’un appui logistique de la part d’acteurs affiliés à l’Iran et au Hezbollah.
Interrogés par les sénateurs, les représentants du Département d’État américain ont adopté une approche plus institutionnelle. Joel Borkert, coordinateur adjoint du Bureau de la lutte contre le terrorisme, a souligné que Washington poursuivait une stratégie ferme visant à contrer les menaces terroristes et les réseaux soutenus par l’Iran en Afrique du Nord et dans la région sahélienne.
Dans ce cadre, les responsables américains ont mis en avant le rôle central du Maroc, salué pour la qualité de sa coopération sécuritaire et de renseignement avec les États-Unis. Rabat a été présenté comme un acteur majeur de la stabilité régionale, contribuant activement au renforcement des capacités des pays du Sahel face aux menaces terroristes.
De son côté, Robert Palladino, haut responsable au Bureau des affaires du Moyen-Orient du Département d’État, a rappelé que le Maroc est un allié majeur des États-Unis hors OTAN et un partenaire stratégique dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent. Il a également réaffirmé l’engagement américain en faveur d’une solution définitive au différend régional autour du Sahara marocain, considérée à Washington comme un facteur essentiel de stabilité et de sécurité.
À ce stade, aucune décision officielle n’a été prise pour classer le Polisario comme organisation terroriste. Toutefois, les échanges au Sénat illustrent une évolution notable du discours américain, où le dossier du Polisario est de plus en plus abordé sous l’angle sécuritaire, tandis que le Maroc s’impose comme un partenaire fiable et central dans les efforts internationaux de lutte contre le terrorisme et de préservation de la stabilité régionale.