Rabat – Le Médiateur du Royaume, Hassan Tariq, a souligné que le dispositif du correspondant permanent constitue l’un des maillons les plus sensibles et les plus structurants du système de médiation administrative, en raison de son rôle central dans l’efficacité de la communication entre l’institution du Médiateur et les administrations publiques, ainsi que dans le traitement diligent des réclamations des usagers.
S’exprimant à l’ouverture d’une journée d’étude organisée à Rabat par l’Institution du Médiateur du Royaume, consacrée à l’élaboration des rapports annuels des correspondants permanents, Hassan Tariq a insisté sur l’importance stratégique de ces rapports comme outil d’évaluation du traitement sectoriel des doléances et comme levier d’amélioration de la performance des services publics. Cette rencontre s’est tenue en présence de représentants des inspections générales, de cadres de l’institution et d’assistants des correspondants permanents.
Cet événement s’inscrit dans un contexte symbolique particulier, l’année 2026 ayant été proclamée “année de la médiation administrative”, marquant le 25ᵉ anniversaire de la création du Diwan Al Madhalim en 2001. Le Médiateur a précisé que cette initiative répond également à une recommandation issue de la réunion annuelle des correspondants permanents tenue le 9 décembre dernier, appelant à l’instauration d’une cadence raisonnable et régulière de communication entre l’institution et les administrations, afin de renforcer la coordination et l’efficacité du dispositif de médiation institutionnelle.
Hassan Tariq a rappelé que la loi n°14.16, régissant l’Institution du Médiateur du Royaume, confère au correspondant permanent une place centrale dans la relation entre le Médiateur et l’administration. Celui-ci constitue, selon ses termes, un canal essentiel de suivi et de dialogue, et un acteur à part entière des commissions permanentes de coordination. Le législateur a, à cet égard, conditionné sa désignation à la détention d’un véritable pouvoir décisionnel, gage d’une interaction efficace avec les demandes de médiation.
Le Médiateur a tenu à préciser que le correspondant permanent n’est ni l’avocat de l’administration ni le représentant du Médiateur, mais un élément constitutif à part entière du système de médiation administrative. À ce titre, il est tenu par des exigences élevées d’éthique, de transparence et de responsabilité, appelées à concilier l’appartenance administrative avec la culture de la médiation et l’esprit d’équité. Selon Hassan Tariq, cette double appartenance ne constitue pas une contradiction, mais peut au contraire renforcer la justice administrative.
Il a également relevé que l’efficacité de la médiation se mesure principalement à travers deux indicateurs : la rapidité du traitement des réclamations par l’institution et le degré de réactivité des administrations face aux conclusions de la médiation. Dans ce processus, le rôle du correspondant permanent demeure déterminant, tant en matière de respect des délais légaux que de qualité des solutions proposées.
En conclusion, le Médiateur du Royaume a affirmé que l’enjeu actuel dépasse la simple conformité aux textes juridiques. Il s’agit désormais d’intégrer pleinement la dimension éthique de la médiation comme vecteur d’amélioration des services publics, de consolidation de la gouvernance et de renforcement de la confiance du citoyen dans l’administration.