L’Association Adala pour le droit à un procès équitable a exprimé son soutien aux avocats marocains, estimant que la profession fait face, aujourd’hui, à des formes de plus en plus marquées de restriction et de ciblage. Dans un communiqué publié mercredi soir, l’association met en garde contre des projets législatifs jugés préjudiciables, ainsi que contre des politiques publiques qui, selon elle, minimisent le rôle de la défense en tant que pilier fondamental de la justice.
Adala considère que ces évolutions constituent une menace directe pour l’État de droit et pour les droits des justiciables. L’association souligne que la mobilisation des avocats ne relève pas de revendications corporatistes étroites, mais s’inscrit dans une démarche sociétale plus large, visant à préserver l’indépendance de la justice et à garantir les conditions d’un procès équitable, conformément aux principes constitutionnels et aux normes internationales des droits humains.
Dans son communiqué, l’association insiste sur le fait que tout affaiblissement de la défense se répercute inévitablement sur les droits des citoyens et sur leur confiance dans l’institution judiciaire. Elle attribue en partie la tension actuelle dans le secteur de la justice à la manière dont le dossier a été géré par le ministère de la Justice, évoquant un déficit de dialogue sérieux, l’absence d’une approche participative et le recours à une logique décisionnelle unilatérale, au détriment des positions exprimées par les instances professionnelles et les acteurs du mouvement des droits humains.
Adala critique également ce qu’elle qualifie de personnalisation du conflit, transformé en affrontement de volontés, estimant qu’une telle approche s’écarte du rôle attendu de l’autorité gouvernementale en charge de la justice. Celle-ci devrait, selon l’association, veiller à l’équilibre entre les différentes composantes du système judiciaire, et non se poser comme partie prenante au conflit.
Dans ce contexte, l’Association Adala pour le droit à un procès équitable appelle à participer à la manifestation prévue ce vendredi devant le Parlement, à l’initiative des avocats. Cette mobilisation vise à exprimer le rejet de ce qui est perçu comme une atteinte au rôle de la profession d’avocat et comme une remise en cause des fondements de la justice et de l’indépendance du pouvoir judiciaire.