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Inde : enquête après le suicide de trois sœurs privées de leur téléphone portable

08 février 2026 - 12:20

Les autorités indiennes ont ouvert une enquête après la mort tragique de trois adolescentes qui se sont donné la mort à Ghaziabad, en périphérie de New Delhi, quelques jours après que leurs parents leur ont confisqué leurs téléphones mobiles. Le drame, survenu mercredi matin, relance avec force le débat sur la dépendance numérique chez les jeunes et sur les fragilités psychologiques qu’elle peut accentuer.

Âgées de 12, 14 et 16 ans, les trois sœurs se sont jetées du balcon de l’appartement familial, situé au neuvième étage d’un immeuble résidentiel. Selon la police locale, elles vivaient depuis plusieurs années dans un isolement quasi total, ayant abandonné la scolarité et passant l’essentiel de leur temps sur leurs téléphones.

D’après la presse indienne, leur père avait récemment décidé de confisquer les appareils et de leur interdire l’accès aux séries coréennes et aux jeux en ligne. Une décision prise, selon lui, pour tenter d’enrayer une dépendance devenue incontrôlable. « Elles étaient totalement absorbées par les K-dramas et les contenus en ligne », a indiqué un responsable de la police cité par The Indian Express.

La famille évoque une fascination profonde pour la culture sud-coréenne, très populaire en Inde depuis le succès planétaire de Gangnam Style en 2012. Séries télévisées, musique, gastronomie et produits cosmétiques coréens ont depuis conquis une large partie de la jeunesse urbaine indienne.

Ce drame remet en lumière une inquiétude croissante dans le pays. Les effets des écrans, des réseaux sociaux et des jeux en ligne sur la santé mentale des adolescents font l’objet d’un consensus scientifique de plus en plus affirmé. En Inde, plusieurs États envisagent désormais de restreindre l’accès des mineurs aux plateformes numériques.

Depuis 2019, l’Organisation mondiale de la santé reconnaît officiellement le « trouble du jeu vidéo », défini comme une perte de contrôle entraînant des conséquences graves sur la vie personnelle, sociale et scolaire. En Inde comme ailleurs, cette affaire souligne la difficulté de trouver un équilibre entre encadrement parental, prévention et accompagnement psychologique face à un univers numérique omniprésent.

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