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Lancement d’« IDARATI » : vers un portail unifié des services publics numériques

11 février 2026 - 11:17

Le gouvernement marocain a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie de transition numérique avec la signature de huit conventions relatives au projet « IDARATI x.0 », une application intégrée pensée comme portefeuille numérique national. L’objectif est clair : centraliser l’accès aux services publics en ligne au sein d’une interface unique, sécurisée et adossée à l’identité nationale électronique.

Les accords ont été conclus entre le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP) ainsi que plusieurs départements et établissements publics. Figurent notamment le ministère du Transport et de la Logistique, le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, l’Agence nationale de la conservation foncière, le Fonds national de sécurité sociale et l’Agence nationale de la sécurité routière. Trois entreprises spécialisées dans l’identité numérique et les services électroniques participent également au dispositif.

Le cœur du projet repose sur un portefeuille numérique national intégré dans une architecture sécurisée, connectée à la carte nationale d’identité électronique délivrée par la Direction générale de la sûreté nationale. Cette interconnexion vise à garantir une authentification fiable et à renforcer la confiance dans l’usage des services administratifs en ligne, tout en respectant strictement la législation relative à la protection des données personnelles.

Sur le plan méthodologique, le projet s’appuie sur deux principes structurants : « Privacy by Design » et « Security by Design ». Autrement dit, la protection des données et la sécurité des systèmes sont intégrées dès la phase de conception. Cette approche entend répondre aux préoccupations croissantes liées à la circulation des informations personnelles dans l’écosystème numérique public.

Les autorités soulignent que la démarche s’inscrit dans la continuité des ateliers organisés en 2024 par la CNDP autour de la notion de portefeuille numérique et de la gouvernance des données. Le chantier actuel associe plusieurs institutions publiques afin de définir les choix techniques et l’architecture fonctionnelle d’un système appelé à devenir la colonne vertébrale des services numériques de l’État.

La ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni, a présenté ces conventions comme une étape structurante dans la modernisation de l’action publique. Selon elle, la transformation engagée dépasse la simple dématérialisation des procédures : elle implique une refonte en profondeur de la manière dont l’administration conçoit, délivre et gère ses services.

Le président de la CNDP, Omar Seghrouchni, a pour sa part insisté sur l’enjeu de confiance entre citoyens et administrations. Il a rappelé la nécessité de rassurer les usagers quant aux conditions de traitement et de partage de leurs données personnelles. L’intégration des principes de protection de l’identité numérique dans les prochaines phases du projet est, selon lui, déterminante pour garantir un cadre d’utilisation durable et sécurisé.

Avec « IDARATI x.0 », le Maroc cherche ainsi à structurer un écosystème numérique cohérent, centré sur l’usager et fondé sur la sécurité juridique et technologique. Le défi réside désormais dans la mise en œuvre opérationnelle et l’adhésion effective des citoyens à cette nouvelle architecture des services publics.

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