Des documents officiels émanant des Forces de défense israéliennes (FDI) indiquent qu’au moins 451 personnes titulaires d’un passeport espagnol ont servi dans l’armée israélienne depuis le début de l’offensive sur la bande de Gaza, déclenchée après les attaques du 7 octobre 2023.
Ces informations proviennent de documents militaires israéliens obtenus dans le cadre d’une demande d’accès à l’information introduite par l’avocat israélien Elad Man, membre de l’ONG Hatzlacha, puis publiés par le média d’investigation britannique Declassified UK.
Selon ces données, 372 des personnes concernées disposeraient de la double nationalité hispano-israélienne, tandis que 79 autres posséderaient plusieurs nationalités, dont la nationalité espagnole. Les documents précisent toutefois que certaines données pourraient comporter des doublons.
Une participation étrangère importante
Les ressortissants espagnols représenteraient une fraction limitée d’un ensemble estimé à près de 50.000 soldats étrangers disposant d’une double ou multiple nationalité et ayant participé aux opérations militaires.
D’après les mêmes sources, les États-Unis figurent en tête avec plus de 13.200 personnes concernées, suivis notamment par la France, la Russie, l’Allemagne et l’Ukraine. En Amérique latine, l’Argentine, le Brésil et le Mexique apparaissent également dans les statistiques publiées.
Un conflit au lourd bilan humain
Le conflit actuel a débuté après les attaques du 7 octobre 2023, au cours desquelles environ 1.200 personnes ont été tuées en Israël, selon les autorités israéliennes.
La riposte militaire israélienne à Gaza a entraîné, selon le ministère de la Santé de Gaza, plus de 70.000 morts palestiniens. Les autorités israéliennes ont de leur côté reconnu un nombre élevé de victimes civiles. Ces chiffres restent au cœur de débats et d’évaluations internationales.
La situation fait par ailleurs l’objet d’examens juridiques au niveau international. En janvier 2024, la Cour internationale de Justice a estimé qu’il existait des éléments justifiant des mesures conservatoires dans le cadre d’une procédure liée à la Convention sur le génocide. En novembre 2024, la Cour pénale internationale a émis des mandats d’arrêt visant des responsables israéliens pour des faits présumés relevant du droit international humanitaire.
Le cadre légal israélien
La présence de citoyens étrangers au sein de l’armée israélienne s’inscrit dans le cadre juridique de l’État d’Israël, notamment la Loi du retour de 1950, qui permet à toute personne juive, ainsi qu’à certains membres de leur famille, d’acquérir la nationalité israélienne.
En Israël, le service militaire est obligatoire pour les citoyens majeurs, hommes et femmes, bien que des modalités spécifiques s’appliquent aux résidents à l’étranger ou aux personnes disposant d’une double nationalité.
Questions juridiques en Espagne
En droit espagnol, la législation prévoit la possibilité de poursuivre certains crimes graves commis à l’étranger par des citoyens espagnols, notamment ceux relevant des crimes contre l’humanité.
À ce jour, aucune procédure judiciaire n’a été engagée en Espagne contre des personnes disposant de la double nationalité espagnole et israélienne en lien avec les opérations à Gaza. Plusieurs plaintes déposées ces dernières années concernaient des militaires israéliens ne possédant pas la nationalité espagnole et n’ont pas abouti.
La question reste donc essentiellement juridique : l’exercice éventuel de la compétence des tribunaux espagnols dépendrait de l’identification précise des personnes concernées et de l’existence d’éléments probants.