Le Conseil de gouvernement marocain doit examiner ce jeudi un projet de loi visant à réorganiser le Conseil national de la presse, ainsi qu’un décret-loi instituant une commission spéciale chargée d’assurer temporairement la gestion du secteur de la presse et de l’édition. Une étape importante dans la restructuration institutionnelle du paysage médiatique national.
Selon l’ordre du jour, le gouvernement se penchera sur le projet de loi n°09.26 relatif à la réorganisation du Conseil national de la presse. Présenté par le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, ce texte intervient dans le cadre du suivi des observations formulées précédemment par la Cour constitutionnelle sur certaines dispositions de l’ancien cadre légal.
Le projet vise à actualiser les règles encadrant la composition du Conseil, ses modalités de fonctionnement et l’étendue de ses compétences. L’objectif affiché est de clarifier le cadre juridique de l’autorégulation de la profession journalistique, tout en renforçant les principes de représentativité et d’indépendance de l’institution.
Cette réforme s’inscrit dans un contexte marqué par la fin du mandat du précédent Conseil national de la presse et les difficultés rencontrées dans le processus électoral destiné à renouveler ses instances. Le débat s’est intensifié ces derniers mois après la décision de la Cour constitutionnelle, qui avait appelé à ajuster certains articles afin d’assurer leur conformité avec les dispositions de la Constitution.
Parallèlement, le Conseil de gouvernement examinera également le projet de décret-loi n°2.26.135 prévoyant la création d’une commission spéciale chargée de gérer provisoirement les affaires du secteur de la presse et de l’édition. Cette structure temporaire aura pour mission d’assurer la continuité administrative, notamment dans la délivrance de la carte de presse professionnelle et le suivi des dossiers liés à l’organisation du secteur.
La mise en place de cette commission vise à éviter tout vide institutionnel dans l’attente de la finalisation de la réforme et de l’élection des nouvelles instances du Conseil national de la presse. Les autorités entendent ainsi garantir la continuité du service et la stabilité du cadre professionnel durant cette phase transitoire.
Ce chantier intervient dans un moment où les questions liées à la gouvernance du secteur médiatique, à la régulation professionnelle et à l’équilibre entre indépendance et encadrement institutionnel occupent une place centrale dans les discussions entre acteurs de la presse et pouvoirs publics.