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Washington assouplit le veto pétrolier envers Cuba tout en exigeant un changement « radical »

26 février 2026 - 14:34

Washington / Caraïbes. Les États-Unis ont annoncé un assouplissement partiel des restrictions sur les exportations de pétrole vénézuélien vers Cuba, tout en maintenant une forte pression politique sur La Havane. Désormais, le brut pourra être vendu au secteur privé cubain pour des usages commerciaux et humanitaires, mais les sanctions resteront en place si les ressources bénéficient au gouvernement ou à l’appareil militaire.

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio, présent au sommet de la CARICOM à Saint-Christophe-et-Niévès, a affirmé que cette décision ne constitue pas un changement de cap stratégique. Selon lui, Cuba doit engager des réformes « draconiennes » pour améliorer la situation économique et sociale du pays.

Depuis la chute du président vénézuélien Nicolás Maduro début janvier, Washington avait bloqué les exportations de pétrole vers l’île, provoquant une aggravation des pénuries de carburant et des coupures d’électricité. L’assouplissement annoncé vise à limiter l’impact humanitaire sans renoncer à l’objectif de pression politique.

Une inquiétude croissante dans la région

Plusieurs dirigeants caribéens ont exprimé leur inquiétude face aux conséquences régionales de la crise cubaine. Le Premier ministre jamaïcain Andrew Holness a rappelé qu’une crise prolongée à Cuba pourrait déstabiliser l’ensemble de la zone, tandis que le chef du gouvernement de Saint-Christophe-et-Niévès, Terrance Drew, a souligné l’importance de préserver l’équilibre régional.

Le Canada, qui maintient des relations plus ouvertes avec La Havane, a annoncé une aide financière destinée à faire face aux difficultés énergétiques croissantes de l’île.

Un nouveau cycle géopolitique

Les déclarations de Marco Rubio s’inscrivent dans une séquence régionale plus large. À la CARICOM, le chef de la diplomatie américaine a défendu la politique menée au Venezuela et évoqué la nécessité d’élections « libres et démocratiques », sans calendrier précis.

Washington cherche ainsi à conjuguer stabilité régionale et pression politique, en évitant un effondrement économique susceptible de provoquer des flux migratoires massifs.

Pour Cuba, cette décision représente un soulagement limité mais aussi un avertissement : l’accès au pétrole reste conditionné à une évolution politique que les autorités de l’île rejettent jusqu’ici.

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